Une Cueva « coup de cœur »


Pour notre première cueva andalouse, nous logeons quelques jours dans celle de Maryse et Fabrice. Ce couple de français a « craqué » il y a plusieurs années et a réinvesti, refaçonné, restauré et aménagé une cueva, sauvée de l‘oubli. Ils en ont fait un havre de paix, judicieusement dissimulé au fond du barrio de Guadix. Avec leur accord nous diffusons l’histoire de ce coup de foudre, coup de cœur, celui qui fait que quelque que soit le lieu, ici comme ailleurs, on entreprend un projet de vie.


Découvrir Guadix et ses cuevas

Une Cueva « coup de cœur »

Acte 1, cuevas à vendre?

Une Cueva « coup de cœur »
« Je connaissais l’Andalousie et en étais passionnée depuis environ 15 ans mais l’ayant toujours visitée avec des amis et toujours affiné les visites à chaque voyage, et Granada était gravée dans mon cœur. J’ai voulu la faire partager à Fabrice en plein mois d’août alors qu’il craint énormément la chaleur. Me voilà donc en quête de faire découvrir l’Andalousie à quelqu’un qui a déjà chaud à 25°C alors qu’en août les températures peuvent facilement atteindre les 50°C au soleil !
C’est alors que j’entends parler de ses “cuevas” tempérées et climatisées naturellement justement dans ma province préférée qu’est Granada et nous trouvons donc une location pour 15 jours en août 2004 à Guadix tout près de la « Ermita Nueva » ... Nous tombons sous le charme, non seulement des cuevas mais aussi de Guadix pour sa vie andalouse débonnaire, ses tapas et les attraits d’une ville de 20000 habitants env. (Je déteste les villages paumés au milieu de nulle part !).
 Au moment de rendre les clés au loueur, nous lui demandons simplement s’il en connaît à vendre. Nous prenons rendez-vous le lendemain matin et il nous en fait visiter 3 ou 4 (seul inconvénient, nous étions partis sans appareil photo!). Mais en visitant ce qui est devenu “cueva amandier”, dans le salon actuel, je dis à Fabrice “c’est ici que je me sens bien” (je précise que je suis architecte de formation) et que les dimensions de cette pièce et son aspect chaleureux m’interpellent. Souvent creusées par les Maures chassés de Granada et réfugiés dans les montagnes de Guadix avant que les Rois Catholiques ne reprennent définitivement toute la contrée, je me prends à rêver et à me dire que ces mathématiciens étaient vraiment forts pour trouver les justes proportions de l’Homme.
 Plus le temps de rêver, nous devons repartir à Malaga pour prendre notre avion ...mais la tête pleine d’images !

Acte 2, le choix

Une Cueva « coup de cœur »
En arrivant à la maison, Fabrice (artiste plasticien) se met au travail et dessine (de mémoire) les cuevas visitées avant notre départ de Guadix. Nous n’avons que peu de renseignements précis concernant un achat en Espagne, mais le loueur de cuevas s’occupe aussi de plusieurs chantiers de réformation et nous propose ensuite de gérer la location qui financera notre projet. Septembre est un mois infernal pour nous, laquelle choisir, pourquoi et quelles sont les possibilités de chacune, quel emplacement ? Je veux être absolument proche de la ville pour ne pas être obligée de prendre la voiture pour la moindre sortie au resto ou ailleurs ... se sentir en vacances….
Nous jetons finalement notre dévolu sur l’ensemble de cuevas où “je me sentais si bien”. En effet, il y a 3 cuevas en réalité, dont 2 sont déjà réunies entre elles. La 3ème (cueva amandier) ne demande que peu de travaux, et se situe à proximité du quartier phare de la « Ermita Nueva ». Les autres étaient plus isolées sans commerces proches et au cœur du quartier typiquement gitan. Sans aucun à priori sur les gitans qui sont sédentarisés depuis des décennies à Guadix, certains vivent encore dans des cuevas plus que précaires et la ville les laisse pour compte, ce qui engendre des rues peu nettoyées, des poubelles à l’abandon.

Acte 3, l'achat

Une Cueva « coup de cœur »
Voila donc comment l’on peut sauver une cueva, un troglo, que ce soit en France, en Espagne ou ailleurs ! Bon, ok, en Chine, c’est un peu plus compliqué. Quoi que…laissez moi le temps d’y réfléchir. En attendant, on a encore des infos à vous communiquer sur « le tuf argileux ». Ce sera le sujet du prochain épisode de nos pérégrinations espagnoles.
Pour les « afficionados » les Trogs vous conseillent vivement une adresse au hasard…


Rédigé par Patrick Edgard Rosa le Jeudi 5 Janvier 2012 à 08:08 | Lu 1093 fois