Un observatoire mondial des habitats souterrains


Dans une ancienne cavité réaménagée, la Troglothèque tisse des liens entre habitats souterrains d’Europe, du pourtour méditerranéen et d’ailleurs. Ici, le troglodytisme est envisagé comme un langage commun qui relie falaises excavées, villages creusés, sassi italiens et grottes maisons maghrébines, bien au-delà des seuls coteaux ligériens. Plutôt qu’un simple écrin du tuffeau ligérien, la Troglothèque se conçoit comme un observatoire des formes d’habitat souterrain qui partagent le même geste fondateur : creuser pour habiter.


Une ethnographie comparée du “vivre en creux”

Au cœur du projet, une question traverse les continents : comment vit-on dans une maison creusée aujourd’hui ? À partir des pratiques contemporaines d’habitants, d’artisans, de vignerons, d’hébergeurs ou d’acteurs culturels, la Troglothèque esquisse une ethnographie comparée des mondes souterrains. Habiter une galerie en Anjou, un troglo en Tunisie, un sassi à Matera ou une cave habitat du Maroc oriental devient autant de variations sur un même thème : apprivoiser la roche, la fraîcheur, l’obscurité, les contraintes et les promesses du dessous. Récits de vie, gestes professionnels, savoir-faires liés au creusement, à l’entretien, à la scénographie des cavités composent peu à peu un corpus transnational, où carriers ligériens, maçons de terre crue et “creuseurs” de tuf ou de roche volcanique dialoguent, parfois sans se connaître, par l’intermédiaire de ce centre de ressources.
 

Un nœud pour les innovations du sous-sol

Cette mise en réseau ne se limite pas à la connaissance : elle ouvre un espace d’expérimentation. En se positionnant comme lieu de croisement, la Troglothèque accueille chercheurs, collectivités, artistes et entrepreneurs venus d’autres régions troglodytiques pour des rencontres, ateliers, résidences ou laboratoires d’idées. Les cavités deviennent alors un terrain de test pour de nouveaux usages du souterrain : habitat passif, stockage énergétique, tourismes sobres, dispositifs artistiques in situ ou formes inédites de médiation culturelle. Circulant d’un territoire à l’autre, ces innovations font de l'association un véritable nœud dans un réseau international d’“amis des troglos”, où le sous-sol n’est plus un simple décor, mais un horizon de futurs possibles.
 

Ouverture prévue : printemps 2026

Après plus de deux ans de travaux et d’aménagements, le lieu s’apprête à ouvrir largement ses portes au grand public, aux curieux de passage comme aux spécialistes du sous-sol. Pensée comme un espace innovant et multidirectionnel, la Troglothèque proposera à la fois découverte sensible, ressources documentaires, temps de rencontre et outils pour imaginer de nouveaux usages du monde souterrain.
Curieux, étudiants, chercheurs, élus, artistes ou habitants troglodytes y trouveront un terrain commun pour explorer les “mondes creusés”, entre patrimoine vivant, enquêtes de terrain et laboratoire d’idées. Les informations pratiques détaillées (dates d’ouverture, programmation, modalités de visite et de résidence) seront mises en ligne au fur et à mesure sur le site : la-troglotheque.com très prochainement accessible.
 


Rédigé par Patrick Edgard Rosa le Lundi 5 Janvier 2026 à 12:11 | Lu 46 fois