Sur les traces de Jeanne et Camille Fraysse (2)


La Cave au Moines, Parnay, une réhabilitation annoncée. Nous partons sur les traces de Jeanne et Camille Fraysse, à la recherche du troglo de falaise de Parnay (49). Le seul descriptif des Fraysse suffit à reconnaître le lieu-dit de la « Cave aux Moines », à proximité de l’église , dominant le panorama. Il s’agit sans erreur possible du fabuleux troglo de falaise appartenant à Isabelle Joly.


Le travail de mémoire

Sur les traces de Jeanne et Camille Fraysse (2)
Extrait de « Les Troglodytes en Anjou à travers les âges / habitat permanent – Monuments religieux/Contribution à l’histoire de l’habitation humaine » :
P.97 -Dans le village de Parnay, la Haute-Rue, partant de la N.147, escalade le coteau (ndlc  : en passant devant le local des troglonautes) et, sur son faîte, se divise en deux branches. Sur le parcours du tronçon se dirigeant vers la gauche, une tranchée de deux mètres de large sur 25 de longueur environ s’ouvre et conduit par une pente rapide aux ouvertures d’un antique logis souterrain. Nous retrouvons là, non la disposition à flanc de coteau typique de cette région, mais l’établissement, sur le sommet de la falaise, d’une cave-demeurante creusée  presque à la perpendiculaire. Sur la gauche et le fond de cet étroit boyau étaient situées les pièces à usage de demeure ; sur la droite, les dépendances.
Cet habitat souterrain, aujourd’hui transformé en cave à vin, est connu dans le pays sous le nom de « Cave aux Moines ». Donna-t-il asile, autrefois, à des religieux ? Nous n’avons relevé aucun indice permettant de le supposer.

Un troglo au bord de l’à-pic

Sur les traces de Jeanne et Camille Fraysse (2)
Aujourd’hui encore, le  site possède plusieurs pressoirs dont un de type dit "casse-cou", transformé en salle de douche. On reconnaît aussi la  cheminée monumentale décrite par les Fraysse  : Haute de 2m45, large de 2m40, elle est habillée d’un manteau (0,60m de hauteur) constitué par un bandeau plat bordé à la partie supérieure par un larmier et se raccordant aux côtés par une portion de cylindre. Deux colonnes cylindriques (hautes de 1m85), terminées par des consoles, le supportent. Un four est construit dans la partie gauche du fond.  La proximité de l’église et d’un ancien moulin sur le lieu habité aujourd’hui par la famille Coudart permet de supposer que toutes ces richesses et commodités aient pu appartenir à une communauté religieuse. Le puits creusé au bout d’un tunnel à l’intérieur même de la Maison plonge vers les profondeurs du fleuve. La cave est située sur deux niveaux, avec des paliers intermédiaires. Un passage  permettait l’accès jusqu’à une autre demeure située Basse rue, en bas de la falaise. Le chemin qui permet d’accéder au site est aujourd’hui en partie effondré à cause des écoulements d’eau dus à la surexploitation des vignes. L’accès se fait soit par un escalier extérieur de fortune, soit par une tourelle et un escalier en colimaçon qui débouche à la verticale au bord du chemin aux abords de l’église. J’ai visité beaucoup de troglos, mais celui-là a un cachet et des volumes extraordinaires.

Ascenceur pour un troglo

Sur les traces de Jeanne et Camille Fraysse (2)
A l’époque des Fraysse, le propriétaire était M. Gadier. Les caves appartiennent aujourd’hui à Isabelle Joly. Sa mère Françoise a été l’une des pionnières de la valorisation du troglodytisme dans les années 1980. Elle avait créé le premier restaurant de fouées à Rou-Marson. De nombreux locataires ont habité ce site impressionnant dominant la Loire, dont le sculpteur Yanos, un inconditionnel des troglos. Les Trogs avaient visité le lieu lors de leur arrivée dans la région, il y a plus de 10 ans, alors qu’ils cherchaient un port d’attache dans le tuffeau…  et étaient tombés sous le charme. Aujourd’hui, Isabelle est de retour, et compte bien faire de sa cave un fleuron du tourisme local. Avec son compagnon Patrick, ils se lancent dans une restauration de grande ampleur, avec un  projet de gîte, subventions à l’appui. D’importants travaux sont prévus sur les extérieurs pour sécuriser les abords vertigineux et créer des terrasses d’agrément. A l’intérieur, de nouvelles salles de bains, des dallages harmonisés réhabiliteront le site, et le rendront plus confortable. le must, ce sera l’ascenseur qui permettra de descendre du haut du chemin par la tourelle :  une petite révolution technique qui offrira un luxe “quatre étoiles” à ses résidents. De quoi faire taire les idées recues, vous savez :  l’habitat troglodyte est forcément rustique.
Nous donnons rendez-vous à Isabelle prochainement, afin qu’elle évoque sa mère Françoise, et l’avancement de ses projets.
 
Lady Trog

Publié avec l'aimable autorisation des éditions l'àpart et de Jean Fraysse pour les photopgraphies de l'époque.


Rédigé par Patrick Edgard Rosa le Jeudi 20 Octobre 2011 à 17:33 | Lu 616 fois