Souterrains, “bas fonds” et troglos


Lorsque je me suis rendu en Mongolie, il y a maintenant deux ans, je recherchais des “troglos” que je n’ai bien évidemment pas trouvés. Un de nos périodiques nationaux bien pensant avait mentionné notre terme fétiche, attribué inutilement a des sans abris réfugiés sous terre. Le même phénomène existe à Las Vegas.
Notre intérêt dépassant “stricto sensu” nos modestes habitations troglodytiques, nous sommes de plus en plus portés à évoquer le “monde souterrain” et les utilisations qui en sont faites. Alors focus.


Ulan Bator, Mongolie : des nouvelles du fond

Souterrains,  “bas fonds” et troglos
C’est vrai que troglodytes et habitat pauvre on été longtemps associés. Ainsi l’Express du 16-01 2003 évoquait-il les “troglodytes”, pour désigner “les milliers de Mongols survivants dans les “bas fonds” d’Oulan Bator. 2012, malgré le boum minier annoncé dans un pays en passe de devenir l’une des économies les plus dynamiques de l’Asie (une des réserves d’or et de cuivre les plus importantes de la planète), la Mongolie reste fragile avec un tiers de ses habitants vivant en dessous du seuil de pauvreté, des industries dévastées, une agriculture chancelante, des infrastructures obsolètes et une émigration massive. Vient s’ajouter à ce tableau déja catastrophique, la pénurie d’eau actuelle : le changement climatique et l’urbanisation galopante qui déstructure le nomadisme traditionnel, menacent les faibles ressources en eau : plus de la moitié des habitants n’ont pas accès à l’eau potable. Pour la population des bas fonds, les conditions de vies sont et demeurent extrêmement précaires.

Les “catacombes” de Las Vegas

Souterrains,  “bas fonds” et troglos
Franchissons donc les milliers de kilomètres qui séparent Oulan Bator de Las Vegas où, sous les paillettes rutilantes de la ville-casino, quelques 300 sans abris ont investi le réseau souterrain de la ville. Face à cette population constituée essentiellement d’hommes entre 35 et 50 ans, les pouvoirs de la municipalité et des forces de l’ordre sont quasiment nuls. “Même les sdf de surface, souligne un ancien employé pénitentiaire, sont méfiants à leur égard”. Cette population souterraine fait l’objet d’un livre paru fin janvier. Mattew O’Brien s’est consacré à ce qu'il nomme des "catacombes" modernes dans “Sous les néons” (288 pages de textes accompagnées d’un portfolio de 16 photos de Danny Mollohan, traduction de Caroline Dumoucel, éditions Inculte, 20 euros). L’ auteur américain y décrit ses périples dans les égouts et les tunnels sur lesquels reposent la cité.
 

Paris souterrain

Souterrains,  “bas fonds” et troglos
Terminons ce petit tour du monde avec nos catacombes. Les cataphiles “sévissent “sous notre capitale : nous sommes loin des deux schémas précédents. Les lieux sont toujours subrepticement occupés par ses “gaspards” des temps modernes (ce sera notre sujet suivant) qui alternent avec les nombreux visiteurs et touristes qui envahissent les circuits dévolus à ces visiteurs d’outre tombe.
Nous aurons le loisir de revenir prochainement sur le sujet, si nous parvenons à pénétrer cet univers : en effet, au retour de Chine, histoire de changer d’air, les Trogs ont voulu faire un petit pélerinage sur ces lieux ancestraux, rendus inaccessibles par l’afflux de visiteurs. Alors, un petit conseil si d’aventure vous projetez de vous y rendre : allez-y le matin de très bonne heure. On vous tient au courant.
Déçus, nous avons regagné nos pénates, et ni une ni deux on s’est collés devant l’écran pour aller retrouver les “Gaspards”. A suivre.


Rédigé par Patrick Edgard Rosa le Mercredi 29 Août 2012 à 07:42 | Lu 515 fois