Poisson à la « Lyonnaise » en sous-sol

Les inconnues du Monde Souterrain


Non, ce n’est pas un poisson d’avril à retardement. Au fil de mes pêches miraculeuses, j’ai ramassé dans ma nasse quotidienne, un site que je méconnaissait totalement, situé sous la surface de Lyon. Les « arêtes de poisson », gigantesque et mystérieux réseau souterrain bientôt ouvert au public garde encore ses mystères. Rien à voir avec la célèbre gastronomie lyonnaise !


L'actualité souterraine

Ancienne capitale des Gaules, la troisième ville de France, historiquement industrielle, possède un patrimoine architectural des plus importants et un certain nombre d’inscriptions à la liste du Patrimoine Mondial de l ‘Unesco. La vieille Cité va prochainement dévoiler ses dessous au public et aux touristes. « Le destin de Lyon n’est pas plus simple que celui du fleuve. Toute ville, sans doute, est un être compliqué, Lyon plus qu’une autre, qui frappe l’historien par sa richesse, ses brusques transformations, ses originalités, voire ses étrangetés
(Fernand Braudel, Historien)
« En 2008 à Lyon, un ensemble de galeries souterraines, connu depuis la fin des années 1950 et dit “en arêtes de poisson”, a fait l’objet d’un diagnostic archéologique, en préalable au percement d’un nouveau tube au tunnel de la Croix-Rousse . En 1941 déjà, deux galeries appartenant à cet ouvrage avaient été endommagées par le percement du tunnel routier traversant la colline de la Croix-Rousse. À cette époque, l’ampleur du réseau est encore insoupçonnée et il faudra attendre la fin des années 1950 pour qu’il soit progressivement redécouvert. À partir de 1959, les “arêtes de poisson” sont dégagées et les parties dégradées sont bétonnées. L’ensemble s’étend du Rhône au sommet de la colline sous la balme de Saint-Clair. L’origine de ce vaste réseau, à l’architecture complexe et sans équivalent connu, reste cependant indéterminée »  (Colloque « virtual Project » 2009 Pessac (France) 18, 19 et 20 novembre 2009 )
La mémoire des Lyonnais s’est réveillée depuis 1959 suite à une déformation anormale du trottoir et la decouverte d’un puit vertigineux.
 
 

Un réseau étonnant

Une galerie principale d’environ 156 m de long, déploie 32 galeries secondaires, organisées par paires (les arêtes). Ces dernières  longues de 30 mètres se terminent en cul de sac, reliées à la galerie principale par un puits carré. À l’origine, ces seize puits remontaient à la surface et descendaient aussi vers une seconde colonne vertébrale, construite à l’aplomb de la première, dont elle reprend le plan sans cependant desservir d’arête. Au total, pour le réseau en arêtes de poisson, plus de 1,4 km de galeries ont été creusées et maçonnées.
 

L’énigme demeure

Les « arêtes de poisson » sont sans doute le réseau le plus énigmatique se trouvant en-dessous de la surface de Lyon. Plusieurs histoires sont évoquées quant à leurs origines.
1ère Hypothèse : Des tunnels pour accéder à la citadelle royale construite à la fin du XVIe siècle
2e Hypothèse : Un entrepôt de stockage du trésor des Templiers : si la paternité des arêtes peut être attribuée aux Templiers c’est que des ouvrages similaires et surtout similaires aux Fantasques et aux Sarazinières, attribués aux Templiers, ont été découverts en Orient ; des galeries strictement parallèles côte à côte.
Toujours est-il que de nombreux ossements ont été découverts dans l’une des galeries de arêtes de poisson. Selon le rapport, ce sont pas moins de quatre à cinq mètres cubes d’ossements qui auraient été retrouvés en 1959.
Après une exploration des 34 galeries parallèles surplombées par seize puits d’aération, qui a duré six semaines, les archéologues de la ville de Lyon en sont arrivés à la conclusion que ces souterrains avaient été construit pour stocker des munitions, des armes et des vivres pour la citadelle Saint-Sébastien construite en 1564 par le roi Charles IX.

Avenir des «catacombes » lyonnaises

En 1989 la Ville de Lyon a voté un arrêté interdisant l’accès des galeries au public.
Visiter le site sera possible à partir du 3 juillet prochain. C’est le site « onlylyon.com » qui a annoncé la bonne nouvelle aux Lyonnais, touristes et autres cataphiles.
 
 
http://www.souterrain-lyon.com/aretes-de-poisson/
L'énigme des arêtes de Poisson de Walid Nazim (édité par Lyon souterrain)
 
 
Bon, on va tacher de patienter jusque-là… En attendant, un souterrain peut en cacher un autre : partons à la découverte d’autres « caches lyonnaises avant de vous emmener au Musée Cluny, dans le sous-sol de Paris. A suivre…


Rédigé par Patrick Edgard Rosa le Mardi 23 Mai 2017 à 08:08 | Lu 96 fois