Petites histoires de troglos entre amis (2)

Il était une fois…


« Là où il y a des grottes, les légendes foisonnent … » Le Monde Souterrain est peuplé de mythologies, de royaumes disparus, de personnages étonnants. Outre-tombe regorge de petites anecdotes à mi-chemin entre imaginaire et réalité. Au fil de notre incessante quête, nous avons rencontré des personnages curieux, méconnus voire tombés dans la désuétude et l’oubli… Aujourd’hui évoquons : Le diable Vauvert.


Il était une fois à Paris, une rue située non loin du Boulevard Saint Michel actuel, la « Rue de l’Enfer », Via inferna, appelée communément la « rue d’en bas » Querelles étymologiques  sous-jacentes. Toujours est-il que le lieu résonne de sa relation avec les enfers et de la présence du Diable Vauvert.

Un peu d'histoire

C’est au Xème siècle que Robert le Pieu se fit construire le Château Vauvert pour y abriter ses amours avec la Comtesse Berthe, une cousine éloignée, malgré l’opposition du pape Grégoire V. Excommunia, il céda finalement à la pression papale et épousa Constance de Toulouse.
Le château tomba en ruine, symbole d’excommunication et de péché. La croyance s’installa dans un environnement de carrières, de souterrains embrumés par des vapeurs souterraines, fréquenté par des hors-la-loi qui prirent l’habitude de s’installer dans les ruines du château, protégés par les craintes superstitieuses populaires. Le dicton « aller au Diable Vauvert »s’installa dans les esprits au fil du temps : il s’agissait de  « s'aventurer dans une dangereuse et longue expédition. »
En 1257, Louis XI fit don de ces terres à l’Ordre des Chartreux : les moines se firent un devoir d’en chasser les démons. Les bandits élirent un nouveau domicile dans les carrières abandonnées de Montsouris.

Permanence

L’image-symbole infernale subsista bien longtemps et s’enracina dans l’inconscient collectif. Certaines des anciennes carrières ont longtemps hébergé  des marginaux de toute sorte. Ce fut le cas  des carrières de Saint-Marcel durant l’épidémie de peste de 1348 qui décima un tiers de la population des foules désirant se protéger du fléau. Il s’agissait là d’exploiter les superstitions : il en aurait été question dans les messes noires célébrées dans les profondes galeries du quartier Saint Jacques.
Dans son « Livre des passages », Walter Benjamin décrit les « Gens malins » qui « proposaient de montrer à leurs concitoyens le diable en personne en sa majesté infernale, bien entendu moyennant finances et contre promesses de silence. Il était une fois le Sieur César…
A suivre…
  
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Rédigé par Patrick Edgard Rosa le Vendredi 1 Décembre 2017 à 06:57 | Lu 56 fois