Les mystères du Cairn de Barnenez

Enigmes


Tout ce qui est souterrain ou enseveli sous la roche nous intéresse, c’est la vocation de ce Portail dédié au Monde souterrain. Nos multiples pérégrinations nous ont conduit récemment à nous rendre sur le site mégalithique de Barnenez situé sur un promontoire face à l’océan dans le Finistère Nord.
D'une longueur de 75 m, ce grand tumulus se compose de deux cairns juxtaposés (pyramides de pierres), date de 4500 à 3500 avant Jésus-Christ. Surnommé le "Parthénon de la Préhistoire", cet immense massif constitué de pierres sèches soigneusement empilées, recouvrant onze chambres funéraires à couloirs a failli connaitre un sort funeste avant de devenir incontournable pour les amateurs de « vieilles pierres ».


C'est quoi un "cairn" ?

Le « cairn » appelé aussi montjoie est un amas de pierre placé à un endroit précis pour baliser un sentier, repérer un point spécifique, marquer un site funéraire ou symboliser des pratiques de prières (drapeaux de prières, Himalaya, Tibet, Chine…).
En ce qui concerne notre Bretagne mégalithique, des bâtisseurs virtuoses du Néolithique –
(4 500 à 3 500 ans avant Jésus-Christ), période qui correspond à la sédentarisation de l'homme qui devient éleveur-agriculteur)- ont laissé une empreinte qui a bien failli disparaitre à jamais.

Un site redécouvert

Signalé comme "tumulus" (butte artificielle en terre) en 1850, le site est redécouvert en 1955 lors d'une exploitation de carrière. De 1955 à 1968, les fouilles et les consolidations redonnent son aspect d'origine à l'énorme massif de pierres.
Entre ces deux dates, il s’en est fallu d’un fil pour qu’il disparaisse à jamais. Nous sommes en 1954. Le maire de Plouézoc'h, où se trouve le cairn, avait décidé la construction d'une route « touristique » entre le bourg et Térénez. Pour le remblai, il a lui-même suggéré à l'entreprise de travaux d'aller se servir en pierres dans le « tas de cailloux » de Barnenez. À l'automne 1954, la pelle mécanique manque son office de bourreau, grâce à l’archéologue Pierre-Roland Giot chargé d'inventorier les sites préhistoriques de Bretagne, venu examiner le lieu en 1952, puis en 1954. Il est aidé dans sa démarche par le curé du village de Plouézoc’h, qui mentionne dans son bulletin paroissial la découverte d'une salle souterraine de « l'ancien château féodal de Barnenez ». La presse locale est alertée, L'alerte est donnée. Le 31 mai, le sous-préfet de Morlaix vient sur le site et ordonne la fin du massacre. Le cairn de Barnenez, qui fut construit et utilisé entre 4 500 et 3 500 avant notre ère, venait d'être sauvé. De 1955 à 1968, les fouilles et les consolidations redonnent son aspect d'origine à l'énorme massif de pierres.

La chaussée des géants du Néolithique

On ne visite pas les dolmens. Mais on découvre, à l'arrière du cairn secondaire, dans la partie dévastée qu'il a fallu renoncer à reconstituer, les quatre chambres entamées par les engins de travaux publics. Cette vue « en coupe pédagogique » permet d'appréhender la diversité des structures dolméniques de Barnenez :
  • chambre A semi-mégalithique (paroi constituée en partie de grandes dalles verticales sur lesquelles repose l'encorbellement).
  • chambre B entièrement mégalithique (grandes dalles verticales supportant une table)
  • chambre C entièrement en pierre sèche, avec voûte encorbellée 
  • chambre D entièrement en pierre sèche, encorbellée, avec dalles verticales plaquées contre la paroi

Questions sans réponses

Notre héros, l’archéologue Giot trouve réducteur de considérer les cairns sous leur seul aspect fonctionnel de sépultures. Pour lui, ces monuments « démesurés et prestigieux » ont peut-être d'abord une « signification symbolique» envers le monde des morts et celui des vivants. Il voit en eux des lieux de communion jouant un rôle social et religieux.
Il est probable que les onze dolmens de Kerdi Bras (alias le Cairn), si différents les unes des autres, n'étaient pas des caveaux de famille juxtaposés et n'assumaient sans doute pas les mêmes fonctions : chacune aurait été conçue pour un emploi spécifique, pouvant dépasser de beaucoup un simple rôle funéraire ou cultuel. Les recherches se poursuivent et les questions demeurent.
 
 
Alors n’hésitez pas à aller voir ce lieu unique et soutenir les acteurs locaux qui gèrent le site et répondront à toutes vos questions. Un espace moderne et sous roche vous accueillera comme les 4 000 visiteurs annuels recensés l’année dernière.

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Rédigé par Patrick Edgard Rosa le Jeudi 9 Mai 2019 à 17:56 | Lu 119 fois