Les Ténors de la roche (1) : Jean Lucet


Au commencement était le tuffeau. Il était une fois à Saint Cyr en Bourg, deux frères inséparables : René et Jean Lucet. Ce dernier, 88 ans, l’œil vif et malicieux, s’inscrit dans la mémoire de la tuffe, comme un chenard. Il fait partie de mes rencontres fondamentales sur ce territoire.


Une carrière

Les Ténors de la roche (1) : Jean Lucet
Jean est né en 1923, à Saint Cyr en Bourg, là où il vit actuellement en compagnie de sa femme. Il a déménagé à une époque, de l’autre côté de la rue. Et finalement, il l’a retraversée, pour ne plus jamais la quitter. Les troglos? Il les connaît bien. Des traditionnels terrains de jeux d’enfants, à Saumoussay,  jusqu’à ceux de Saint-Cyr en Bourg. Il a connu le village  à l’époque des charettes, des cinq épiceries, et quatre boucheries qui jalonnaient la rue centrale. A l’époque, il y avait aussi des maréchaux-ferrants...
Grâce à Edgard Pisani, et aux nouveaux besoins des Monuments Historiques, il redonne vie à l’entreprise paternelle (activité bois) et se réoriente avec son frère vers l’extraction du tuffeau. Nous sommes en 1964. L’activité se developpe rapidement. En 1984, Lucet est repris par Lionel Girault et Gilles Guérif. L'exploitation du tuffeau connaît alors un nouvel élan, avec la mise au point d'une nouvelle machine de sciage en carrière et le déploiement de nouvelles techniques d'extraction et de mise en sécurité des galeries souterraines.
Aujourd’hui, Jean vit une retraite bien méritée, et fait fonctionner sa mémoire pour mon plus grand plaisir : les années 60 ? C’était aussi la grande époque du champignon : 250 kms de galeries, 60 à 80 tonnes de champignons extraites par jour, 350 ouvriers dans les caves. C’est sans parler de l’extraction du tuffeau, du Père Busard et de ses 120 compagnons perreyeurs. Oui, les troglos et la tuffe, il connaît bien. « Mieux vaut être propriétaire du dessus, et pas faire nimporte quoi ! ». L’avenir? Il se soucie avec une certaine gravité de toutes ses galeries désertées aujourd’hui qu,i à terme, vont poser de sérieux problèmes. Là, il y a urgence.
Quand à l’extraction du tuffeau et des carrières? Jean reçoit toujours des appels à destination des carrières Lucet. Je lui suggère donc de se faire commissionner par l’entreprise et il éclate de rire : « ça, c’est une bonne idée! »


Rédigé par Patrick Edgard Rosa le Vendredi 18 Novembre 2011 à 16:58 | Lu 809 fois