Lalibela, les églises monolithes d'Abyssinie

Globe troglo


Lalibela est une ancienne cité monastique chrétienne située à 2630 m d’altitude sur le flanc sud-est des monts de l’ancienne province du Lasta, dans l’actuelle région Amhara en Ethiopie, soit à 645 km d’Addis Abeba. Elle porte le nom de son pieux fondateur, le roi Gebra Maskal Lalibela ( 1172-1212).


la nouvelle Jerusalem

Le site regroupe 11 églises médiévales monolithes creusées et taillée dans le roc au XIIIème siècle et reste un haut lieu de pèlerinage pour les Chrétiens orthodoxes de la région. Il est classé au patrimoine mondial depuis 1978.
Le roi Lalibela entreprit de construire une « nouvelle Jerusalem » après que les conquêtes musulmanes aient mis fin aux pèlerinages chrétiens  en Terre Sainte.  Les églises sont réparties de part et d’autre du cours d’eau appelé le Jourdain et se réfèrent toutes à la symbolique de la Terre Sainte : la rivière sépare la Jérusalem terrestre de la Jérusalem céleste. Les blocs ont d’abord été dégagés dans la roche, puis creusés pour dégager les ouvertures, les colonnes, les étages, les toits et décors. A cela s’ajoute un système de fossés creusés pour le drainage et pour les processions. Des tunnels sont creusés dans les falaises pour rejoindre des ermitages et des catacombes.
Il existe une tradition d’églises rupestres et monolithes en Ethiopie ( Tigray )  mais ce site est de loin le plus vaste  de la Chrétienté dans cette région.
 

Les anges bâtisseurs

La plus spectaculaire, et probablement l’église monolithe la plus vaste au monde, est celle de Biete Medhani Alem  (la maison du sauveur du Monde) qui comporte  5 nefs. D’autres ont un plan cruciforme grec comme Biete Ghiorgis consacrée à St Georges.  On atteint le seuil situé à 12m de profondeur par un escalier étroit creusé dans la paroi de la fosse.
Certaines églises sont des structures indépendantes, d’autres sont semi troglodytes, voire totalement rupestres avec seule la façade sculptée dans la roche.  Des traces de fresques figurent sur les parois de ces grottes. La légende raconte que des anges auraient aidé les hommes à bâtir ces églises construites seulement en  24 ans : ils venaient la nuit pour faire fondre la roche en cire.
On raconte aussi que  roi de cet ancien royaume d’Abyssinie vivait comme un ascète et donna sa fortune aux pauvres. Il fut canonisé pour ses œuvres.  La ferveur est toujours présente. Les jours de cérémonies, on peut entendre monter de la terre des chants polyphoniques  dans une langue ancestrale, le gu’ez, dont les paroles datent du IVème siècle.
 

Un site fragilisé à protéger

La roche volcanique de cette région montagneuse et désertique  est rouge et donne sa couleur sanguine aux églises de Lalibela. Le site étant en danger  face à l’érosion, aux risques naturels (inondations, zone sismique) et aux interventions humaines. Des structures de protection, en particulier des toits suspendus, ont été construites pour protéger le site. A l’heure où les Chrétiens d’Orient sont parfois persécutés, ce haut lieu de pèlerinage encore en activité a valeur de symbole.
 
L.T.


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Rédigé par Renée Frank le Vendredi 22 Mai 2015 à 07:24 | Lu 141 fois