Jean-Marie Massou : homme des bois ? homme des cavernes ?

Portrait d’un « pas comme les autres », Jean Marie Massou


Il est des rencontres que j’aurais aimé faire. Revue de presse quotidienne et matinale : je tombe en arrêt devant l’annonce de la disparition d’un parfait inconnu qui se révèle un étonnant personnage qu’on aurait aimé approcher.
« Jean-Marie Massou est mort le 28 mai 2020, à l'âge de 70 ans, dans la forêt de Marminiac, dans le Lot. Au fond de cette forêt où il attendait les extraterrestres, il pratiquait le chant, la sculpture et le collage : une œuvre sauvage, comme lui. » (les inrocks.com)
Quelques recherches (merci internet !) me font découvrir un homme simple, sans les fioritures de l’homme moderne. Il ne sait pas lire, mais se fait sculpteur, passionné de collages, conteur de « complaintes ». Il est parait-il connu des amateurs d’art brut. En 2010, Le réalisateur Antoine Boutet lui a consacré un documentaire poétique, Le Plein Pays. L’année dernière, il a même sorti son premier album, Sodorome.
La suite me laisse pantois.


​Un palais souterrain

Marminiac, un très joli village, limitrophe du département de la Dordogne, se distingue par la qualité particulière de la pierre et des mortiers colorés des maisons anciennes. Il a subi l’assaut des Anglais pendant la guerre de cent ans. Il reste quelques vestiges du Château défensif, malmené par le temps, et un certain nombre de tours. L’une d’entre-elles, dite des Anglais, puis de Bonafous, puis de Brocard, est le dernier vestige du château féodal. Un petit village tranquille qui jouxte la forêt, domaine dans lequel Jean-Marie a élu domicile : une maison vieillotte cernée protégée de blocs rocheux parfois cyclopéens, ramenés de grottes voisines, recouverts de signes et d’inscriptions que l’on retrouve… sous terre.
Par-ci, par-là, nombres de puits, de trous surmontés d’échafaudages baroques signalent la présence de galeries de quelques 500 mètres de long. La plus profonde de ces excavations plonge à 45 mètres dans l’univers de notre respectueuse « taupe » humaine, revenue sur ses terres il y a quinze ans, avec sa mère. Nous entrons alors dans ce qu’il appelait son « Palais chinois » où le sculpteur taille ses images, animaux stylisés, emblèmes moyen-âgeuses.
 

Un homme simple

J’imagine les époques rupestres…, l’homme des cavernes, les questions toujours sans réponses, et cet homme que l’on disait simple.Un article de la presse locale l’évoque : « On le dit simple. Pourtant il a des mots surprenants : lapiaz, concrétions, stalagmites… Jean-Marie Massou n’est pas de ce monde. Il est de ceux qui ont élevé les mégalithes, se réfugiant dans la matrice de la terre, et en même temps il rêve des extraterrestres qui viendront délivrer la planète de sa méchanceté »
« Le désastre écologique, la surpopulation, la nécessité pour les humains d’arrêter de se reproduire, voire pour les femmes de ne plus avoir d’organes sexuels, et le soleil qui va péter : tout cela turbine sans relâche dans la grosse caboche de Jean-Marie Massou. » (Les Inrocks)
 
Il est enterré ce jour, indompté et indomptable. Alors, si vous voulez l’écouter : il reste de lui un album « Sodorome », et un reportage captivant :
Le Plein Pays, film documentaire d'ANTOINE BOUTET
https://www.youtube.com/watch?time_continue=107&v=ut6HBsCc-Pw&feature=emb_title
https://www.lesinrocks.com/2017/10/30/arts/arts/lart-brut-de-jean-marie-massou/
 
Pour ma part, je partirai à sa rencontre : exposition au musée d‘art moderne de Villeneuve-d’Ascq 

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Rédigé par Patrick Edgard Rosa le Mercredi 3 Juin 2020 à 16:12 | Lu 153 fois