Bornéo-Chauvet, Y’a pas photo !

Bornéo et l’art rupestre


Avant de reprendre la relation de notre périple australien, l’actualité souterraine nous emmène sur l’Ile de Bornéo pour y évoquer l’ancienneté de son art rupestre qui concurrencerait celui de notre Grotte Chauvet nationale. Mais soyons chauvins ! Y’a pas photo ! Chauvet est la plus belle représentation ! Mais là n’est pas la question, ni le plus important. Que nous raconte ce mode d’expression artistique que certains chercheurs rapprochent de l’Art rupestre de nos chers Aborigènes australiens ?
Bornéo est la quatrième plus grande île derrière l’Australie, le Groenland et la Nouvelle-Guinée.
Probablement habitée dès le Paléolithique, l'île possède l'un des gisements préhistoriques les plus importants de cette région.


De l’importance des datations

Merci France Inter (https://www.franceinter.fr/emissions/la-une-de-la-science/la-une-de-la-science-09-novembre-2018). Toujours à l’affût de news (pas fake) concernant le Monde Souterrain, mon oreille a vibré suite aux infos divulguées sur Bornéo où plusieurs ornements découverts sur l'île depuis les années 1990 viennent d’être datés et certains sont bien plus vieux qu’on ne le pensait...
Des figures animales, des empreintes de mains et des représentations humaines… Trois époques de peintures différentes se dessinent à Bornéo. Les plus jeunes ont 4000 ans mais les plus vieilles sont contemporaines voir antérieures à Chauvet… Malgré les réticences de la conservatrice de notre berceau rupestre national, tout porterait à croire que certaines « empreintes » rupestres aient bien survécu au travail du temps. Une équipe de paléontologues a daté certaines fresques préhistoriques de l'île de Bornéo, en Asie, dont la peinture d'un animal, dans une grotte, qui aurait été réalisée il y a plus de 40 000 ans. Il y aurait des liens de « parenté » avec les Aborigènes australiens. Voilà qui nous intéresse particulièrement.

L’état des recherches

Dans "Nature", des chercheurs de l'université australienne Griffith ont déduit de leurs récentes recherches assistés de Maxime Aubert, coauteur de l'étude, que "l'art figuratif s'est développé il y a au moins 40 000 ans" dans cette région du globe, "plus ou moins en même temps qu'en Europe". Découverte par le Français Luc-Henri Fage dans les années 1990, ces peintures n'ont pu être datées avec précision que récemment. Sur le grill des chercheurs, un bovidé non identifié, "Probablement un banteng", un bœuf sauvage d'Asie, estime Maxime Aubert. 
Ce dernier et ses collègues avaient déjà ébranlé la traditionnelle vision européocentrée
 en annonçant en 2014 avoir découvert, sur l'île indonésienne de Sulawesi, une main humaine peinte en négatif vieille d'au moins 39 900 ans. La peinture figurative la plus ancienne retrouvée en Europe se situe dans la grotte de Chauvet, en France. Il s'agit d'un rhinocéros qui aurait entre 35 300 et 38 000 ans.
Selon les chercheurs, cette datation pourrait faire de cette peinture "la plus vieille peinture figurative" jamais découverte. Elle est détrônée par un disque rouge découvert dans la grotte d'El Castillo en Espagne, Daté lui de 40 800 ans.

Pistes à suivre...

Bornéo-Chauvet, Y’a pas photo !
La question essentielle est de déterminer qui sont les artistes de Bornéo. La balance penche pour les Homo Sapiens, dont la présence à cette époque sur ce qui n'était pas encore une île, est déjà connue. Maxime Aubert va maintenant suivre la piste des artistes voyageurs plus à l'Est, vers l'Australie et il espère d'autres découvertes : "L'homme moderne était présent en Asie du Sud Est (et en Australie) il y a au moins 70 000 - 60 000 ans. Pourquoi n'a-t-on pas trouvé de peintures datant de cette époque ?", s'interroge-t-il.
De magnifiques personnages, longilignes et chevelus, se donnant souvent la main, ont été peints dans la même grotte il y a 20 000 ans. Fait troublant : c'est justement à cette époque que les Européens se sont également mis à représenter le monde des humains. On signale aussi la représentation de boomerang, absent de la culture indonésienne…
"Qui sont les artistes de l'âge de glace de Bornéo et ce qui leur est arrivé est un mystère", a déclaré le co-responsable de l'équipe, le Dr Pindi Setiawan, archéologue "Les nouvelles découvertes montrent que l'histoire de la création de l'art rupestre est complexe. »
On admet l’hypothèse selon laquelle les premières populations humaines sont arrivées en Australie entre 70 000 et 50 000 ans. Durant la dernière période glaciaire le niveau de la mer était beaucoup plus bas qu’aujourd'hui. Timor, Australie et Nouvelle -Guinée ne formaient qu’un seul continent, appelé Sahul. Selon la théorie actuelle, des groupes ancestraux auraient navigué à partir des iles de l’actuelle Indonésie pour atteindre le Sahul. Puis, par voie terrestre, ils se seraient dispersés sur l’ensemble du continent. Les témoignages archéologiques montrent la présence d’habitations humaines en amont de la Swan River, en Australie occidentale il y a environ 40 000 ans. Il semble que la Tasmanie elle aussi accessible par voie terrestre à l’époque, ait été atteinte vers le XXX ème millénaire avant JC…
Pour faire court, les archéologues ont du pain sur la planche…

Credit photos : Pindi Setiawan et Kinez Riza
 

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Rédigé par Patrick Edgard Rosa le Dimanche 11 Novembre 2018 à 13:17 | Lu 111 fois