Troglodyte Dundee, les Aborigènes, une culture menacée (1)

Série australienne (3)


L’Australie est une terre de contraste et de paradoxes. Elle abrite en son sein l’une des plus vieilles cultures au plan mondial mais les aborigènes sont « noyés » parmi les diverses populations d’immigrants (indiens, asiatiques, indo-européens…). Si la culture est encensée au plan politique et touristique, les conditions d’existence des aborigènes sont intolérables dans un pays où la recherche du bien être constitue une des motivations les plus importantes de l’australien moyen. Aujourd’hui les Aborigènes ( australiens et habitants du détroit de Torrès ) représentaient seulement 2, 2% de la population totale. Les historiens s’accordent à estimer leur nombre à 350 000 individus en 1788, lors de l’arrivée des Européens. En 2006, 455 031 personnes en Australie se disaient Aborigènes… Et si l’on remonte le fil du temps…


Il y a 50 000 ans…

Le mot commun aborigène désigne plus généralement celui dont les ancêtres sont les premiers habitants connus de sa terre natale (du latin ab origine, qui signifie « depuis l’origine »).
Les recherches et différentes spéculations font remonter la présence humaine en Australie à 50 000 ans. D’autres feraient remonter la première migration australe à l’arrivée de l’homo sapiens à 70 000 ans. Toujours est-il que l’Homme de Mungo (homme moderne) atteste de sa présence, il y a 40 000 ans aux abords du Lac Mungo en Nouvelle Galles du sud, fossiles, restes d’animaux garantis.
Les Aborigènes (australiens et indigènes du détroit de Torrès ) sont les premiers habitants de cet état d’Océanie. La fin de la période glaciaire a alors isolé la Nouvelle-Guinée et la Tasmanie du continent et les Aborigènes australiens ont commencé une longue période d'isolement sans influence extérieure.
Jusqu’en 1788, le continent était peuplé d'environ 250 tribus, couvrant tout le continent, chacune d'entre elles ayant sa propre langue, ses lois et ses frontières tribales avec une population totale estimée à 350 000 personnes : ils représentent la plus ancienne culture existant sur Terre.
Mais l’arrivée des Européens va profondément bouleverser un ordre pluri millénaire.

Le XVIIème siècle

L’ile rentre dans les préoccupations coloniales européennes avec quelques expéditions en terre australe et finalement l’établissement d’un camp pénitentiaire contenant  1 030 personnes (avec 736 prisonniers) à Port Jackson (Nouvelle-Galles du sud) par le capitaine Arthur Phillip le 26 janvier 1788.
L’hostilité ne fut sans doute pas immédiate : « si l’on en croit les récits historiques, la rencontre aurait pu bien se passer. Les Aborigènes pensent que ces étranges hommes blancs sont peut-être leurs ancêtres et ils les accueillent comme tels. Mais la bienveillance est de courte durée. L’alcool devient une monnaie d’échange et provoque la violence ». (Australie, le grand livre des aborigènes, Peter Eeckhout)
Mais la colonisation des terres ancestrales et l’exploitation des ressources naturelles vitales dégrada rapidement les relations entre indigènes et colons.
En 1847, le  « barrister » (avocat du Commonwealth chargé de défendre la cause aborigène, E.W. Landor, déclara : « Nous nous sommes emparés de ce pays, nous avons abattu ses habitants, jusqu'à ce que les survivants aient jugé sage de se soumettre à notre autorité. » Dans la plupart des cas, affirme Reynolds, les Aborigènes commencèrent par résister à la présence britannique. Un colon écrivit dans une lettre au Launceston Advertiser en 1831: « Nous sommes en guerre contre eux ; ils nous considèrent comme des ennemis - des envahisseurs ; ils considèrent que nous les opprimons et que nous les persécutons ; ils résistent à notre invasion. Ils n'ont jamais été vaincus, et donc ils ne sont pas des sujets en rébellion, mais une nation injuriée, et ils défendent, à leur manière, les possessions qui sont les leurs de droit et qui leur ont été arrachées par la force. »

L’occupation des terres, la confiscation des ressources entraînèrent des famines, et la propagation des maladies européennes, (variole, rougeole, grippe) provoquèrent des famines qui tuèrent nombre d’Aborigènes. Au cours du XIXème siècle, les Européens prennent le contrôle de la plupart des régions du pays. Beaucoup d'Aborigènes ont été poussés dans des missions et des réserves. Un lent processus de désagrégation émaillé de révoltes durement réprimées se poursuivit jusqu’au début du XXème siècle ponctué par diverses loi d’ assujettissement ; ainsi en 1906, des milliers d'Aborigènes furent internés et placés dans des réserves.

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Rédigé par Patrick Edgard Rosa le Lundi 10 Septembre 2018 à 05:51 | Lu 84 fois




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