Les enfers à l’italienne

Trésors souterrains (1)


A la relecture d’un film de l’excellent Dino Risi, j’ai pu aller fureter, telle une taupe, dans les souterrains italiens, regrettant de ne pas avoir passé plus de temps dans le sous-sol de la ville napolitaine lors de mon dernier séjour , mais cette fois-là nous devions nous rendre à Matera…
J'ai surfé sur le net à la recherche d'autres catacombes italiennes et suis tombé sur deux lieux de villégiature charmant, à Naples et à Palerme (Sicile).
Revue touristique de ces catacombes. À recommander pendant les grosses chaleurs estivales.


Cadavres exquis

Dans le film "Cadavres exquis" de Dino Risi, Charles Vanel évolue dans les catacombes de Palerme qui n’ont rien à envier à nos catacombes parisiennes, bien au contraire… Ames sensibles et barbies, abstenez-vous : le domaine des morts vous sourit.
 

Catacombes capucines de Palerme

Les Catacombes des Capucins de Palerme  abritent des corps ayant fait l'objet d'une momification. Creusées à la seule intention des moines, elles abritèrent très vite les dépouilles de nombres d’aristocrates siciliens argentés qui demandaient à être conservés… pour l'éternité. Les proches parents rendaient souvent visite à leurs disparus, non seulement pour prier, mais aussi pour maintenir les corps dans un aspect présentable. Les catacombes furent entretenues pendant des siècles grâce aux dons des familles. Chaque nouveau corps était placé dans une niche temporaire, avant d'être déplacé dans son lieu de repos définitif. Tant que les dons se poursuivaient, le corps restait à sa place. Dans le cas contraire, le cadavre était entreposé sur une étagère en attendant l'arrivée de nouveaux fonds.
Le système perdura jusqu’au début du 20ème siècle. On y dénombre quelques 8000 momies.
 

Nouvelle source financière : la manne touristique.

Vous pouvez  parcourir les galeries divisées en plusieurs catégories : hommes, femmes, vierges, enfants, prêtres, moines et professionnels. Certains corps sont mieux préservés que d'autres, et certains sont figés dans des poses particulières. Cependant, modernité oblige, entre les coups de flashes et l’afflux de gaz carbonique, l’atmosphère est devenue irrespirable et nauséabonde pour ces chers ancêtres. Du coup, les instances locales ont aménagé des fenêtres dans les parties hautes. L' éternité recherchée est fortement compromise pour de nombreux clients en voie de dégradations ultimes. Cherchez l’ erreur… Vive le progrès. Le problème est identique, en Sicile, à Lascaux ou à la Grotte Chauvet  Mais dans ce dernier lieu, les originaux ont pu être protégés.

San Gennaro, Naples, Italie

Situées sur la route de Capodimonte, hors du centre historique et des murs de la ville antique, les catacombes de San Gennaro forment un grand complexe funéraire souterrain sur deux étages. C'est le plus important témoignage de l'époque paléochrétienne à Naples.
Utilisées pour les rites funéraires des Romains, le site accueillit les dépouilles de l’évêque San Aggripino et San Gennaro, Patron de la Ville. A partir de 420,  l’essor du site monte en puissance : des églises souterraines sont édifiées, les tombes se multiplient ; certains ducs napolitains y seront eux-mêmes inhumés entre le 9ème et le 10ème siècles.
Le vol de la relique de San Gennaro ralentit l’activité des catacombes à partir du 9ème siècle jusqu’à être totalement délaissées et saccagées durant la deuxième guerre mondiale (abris anti-bombardement).

Résurrection

Leur remise en valeur débute dans les années 1970, avant qu'une association n'en poursuive la restauration dans les années 2000 : des opérations sont toujours d’actualité, permettant de nouvelles découvertes, même si la perméabilité du tuf dans lequel est creusé le site, est un défi pour la conservation des décorations encore présentes. Leur splendeur retrouvée, les catacombes de San Gennaro ont désormais repris leur place parmi les sites majeurs de Naples. Trois églises souterraines sont à découvrir…
 
Bon, Lady Trog, on retourne à Naples? Je serai ton Orphée…
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Rédigé par Patrick Edgard Rosa le Lundi 22 Mai 2017 à 09:07 | Lu 147 fois




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