Lascaux, de fond en comble (1)

Culture, environnement et technologie


Au moment de partir visiter la dernière réplique du célèbre site, Lascaux 4, le week-end dernier, nous apprenions la découverte en Espagne de peintures rupestres qui remonteraient à -64 000 ans : un nouveau pas dans la connaissance de l’homme de Neandertal, traité jusqu’à il y a peu de rustre … peu évolué. Un nouveau site mis à jour avec une problématique à prendre en compte, comme dans la célèbre grotte ornée située près du village de Montignac.
L’homme moderne est repéré à Lascaux dans une fenêtre temporelle qui oscillerait entre -24000 et - 19000 ans. Les « œuvres » et objets trouvés sur place, grâce à quatre turbulents gamins et un chien prénommé « Robot » posent encore des questions fondamentales aux historiens, chercheurs et autres spécialistes. Comme le site d’Altamira en Espagne, les thèses et hypothèses s’empilent comme autant de points d’interrogation. Très vite, le tourisme se développe, et très vite le site original est fermé, suite aux dégâts provoqués par une fréquentation humaine soutenue. Il aura fallu quelques décennies pour fragiliser un site qui a traversé des siècles de silence et d’obscurité. Lascaux « sanctuaire » à plus d’un titre, est atteint de maladies spécifiques au Monde Souterrain et devient un champ d’études étonnant pour trouver des solutions durables afin de mieux préserver un passé encore fortement méconnu.


Le silence des animaux

Les sept salles de la grotte de Lascaux possèdent un étonnant bestiaire de près de 2000 figures peintes, concentrées sur 250 mètres de développement et un dénivelé relativement faible. La modeste grotte richement ornée laisse sans voix. Mais les questions sont assourdissantes : quels étaient ces hommes aux talents artistiques et sens graphique si développés ? Ici des peintures au pochoir, là de la peinture soufflée… colorants rouges, noirs, ocres, posés selon la nature de la roche qui de par ses formes sert le dessin des artistes… Quelle est la signification de ces symboles répétés qui demeurent étranges aux plus grands chercheurs ? Ici, c’est le royaume du silence. Le mystère demeure.
On ne peut que contempler béatement des compositions considérées comme des sommets de l’art pariétal. Le mouvement domine dans ce que l’on a appelé « la Chapelle Sixtine de la préhistoire ».

Un site « sacré » ?

Une chose est sure : point d’habitat, ni traces de vie quotidienne. Les seuls objets enfouis par le temps sont les silex taillés, pigments épars, fragments de lampes, pointes de sagaies en bois normalement réservées à la chasse ou à la défense, détournées à des fins d’encollage !
Tout respire l’art organisé selon des règles de compositions strictes. Les « artistes » descendaient exercer leur art sous terre à l’abri de la lumière, dans le monde des ténèbres.
Faut-il voir dans Lascaux un sanctuaire pariétal du Paléolithique ? Partout les lieux souterrains synonymes de stabilité et de pérennité ont souvent abrité dieux, cultes, où le caractère sacré domine. Les critères de choix de l’emplacement reposent sur la rareté, la difficulté d’accès, la profondeur ou la hauteur, mais aussi le retrait du monde environnant. Lascaux remplit toutes les conditions. Pour le Pape de la préhistoire, l’Abbé Breuil, « les sites sacrés préhistoriques sont des espaces où est établi un lien partagé par une communauté de vivants, de morts et d’esprits. ». Plusieurs interprétations soulèvent toujours nombre de discussions, d’autres font état d’un lieu possédant une ambiance naturelle et sensorielle favorisant le développement d’expériences qui participent de la typologie du lieu et de son histoire.
Mais si le site sera « sanctuarisé », ce sera pour d’autres raisons…

A suivre

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Rédigé par Patrick Edgard Rosa le Mardi 6 Mars 2018 à 11:37 | Lu 80 fois




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