Week end découverte. Trôo, une histoire de trous!


Lady Trog et Mister Trog sont partis à la chasse aux troglos, le temps d'un week-end. Trôo est un site incontournable pour qui s’intéresse au troglodytisme. Ce petit village aurait pu devenir le “Ramatuelle” du Loir-et-Cher, aux dires de certains. La dynamique touristique est un peu “en sommeil”. Est ce trop, ou pas assez?


Cette très ancienne cité troglodytique construite sur un coteau de tuffeau domine le Loir. Si elle a connu un passé florissant au Moyen Age, la cité aujourd’hui s’endort sagement l’hiver, et se réveille au printemps. 450 trous, résultat d’une extraction intensive, où moins de 400 habitants vivent à flanc de coteau, partagés entre leurs préoccupations quotidiennes dans un contexte de crise et l’afflux de touristes en été. Le troglodytisme se vit au jour-le-jour, grâce à quelques initiatives locales.

1. la boulangerie de Trôo

Week end découverte. Trôo, une histoire de trous!
Le fournil de Jérôme s’offre à notre regard interrogatif, avide de découvertes. Deux compères s’attellent à lui refaire une beauté, au sortir de l’hiver. Comme ça, par amour et respect du lieu. La boulangerie était active jusqu’en 1973, mais n’a pas trouvé de repreneur. Philippe Catroux, tailleur de pierre et sculpteur, et son voisin Monsieur Giot qui vit à Trôo depuis son enfance, s’affairent à nettoyer les lieux, conscients de la valeur inestimable de ce patrimoine qu’ils s’approprient instinctivement et collectivement. Ils l’entretiennent , un point c’est tout, sans directive municipale ou associative.

2. Vivre à Trôo

Week end découverte. Trôo, une histoire de trous!
Sept niveaux découpent cette petite colline, comme des espaliers. Les effondrements successifs les ont fragilisés ; on ne circule en voiture que jusqu’au niveau de la Rue Haute, au 2ème étage de la butte. Certains chemins sont fermés par un arrêté de péril, à cause d’un sous-sol instable. La vue sur la vallée est exceptionelle. Plus de 450 trous s’y prélassent au soleil matinal. Seulement une poignée sont habités ou restaurés. Il y a la maison du maire, Jean-Pierre Mouret, grand collectionneur de lampes de poche : une demeure ancestrale, confortée et restaurée par son grand-père architecte parisien, et qui abritait l’école du village jusqu’en 1890. Il y a aussi le B&B de Barbara et Bernard, qui vous proposent deux chambres “cozy” pur jus. Et en haut de l’escalier St Gabriel, les somptueux espaces de vie de Solange Guilloux que sa soeur Jeanne nous fera découvrir. La famille Lallemand habite sur les hauteurs depuis plusieurs générations.

3. pour vivre heureux, vivons cachés

Week end découverte. Trôo, une histoire de trous!
D’après notre informatrice Monique, le village fut un temps le “Ramatuelle” de la Vallée du Loir, mélange de vie de bohème et d’exotisme pour les parisiens. Ce fut le cas à partir des années 1930, pour une poignée d’artistes des villes qui vinrent partager la vie des paysans de Trôo. Mais les temps changent, les préoccupations ne sont plus les mêmes. Mais oui, Trôo fut précurseur, quand quelques parisiens qui éprouvaient déjà le besoin de se ressourcer loin des affres de la capitale vinrent y “creuser leur trou”, sans doute animés par l’attrait du calme de la campagne. L’entrée des habitations révèle leur présence civilisatrice : balcons stylisés, fer torsadé… Pourquoi changer cet ordre? Même si quelques effondrements se succèdent au fil du temps, il semble que le village veuille se suffire à lui-même, à l’abri des curieux et de l’agitation des temps modernes. La suite de ce reportage va nous emmener à Lavardin, petit village encaissé dans un vallon surplombé par un château en ruine de toute beauté.

ps : pour les accros de la toile, je vous conseille d'aller visiter : www.troglosduloir.com


Rédigé par Patrick Edgard Rosa le Dimanche 13 Mars 2011 à 18:30 | Lu 759 fois