Voyageurs Underground : la pointe du Raz


Mais que vont chercher les Trogs à la pointe du Raz ? Point de troglos ici, mais un lieu emblématique que Tony vous présente à sa manière et qui nous a permis de mettre la main sur l’Enfer de Plogoff, la Cheminée du Diable et un monde de légende liées au monde souterrain, ce qui a piqué notre insatiable curiosité.


Mister Done, descente aux enfers

Voyageurs Underground : la pointe du Raz
La Pointe du Raz (Beg ar Raz) célèbre cap rocheux est situé à l’ouest de la commune de Plogoff. Lieu de notoriété internationale, le site est labellisé “Grand site de France”. L’afflux touristique a amené l’Etat à prendre des mesures de protection environnementales, allant jusqu’à déplacer hôtels, commerces et parking au-delà d’une zone préservée d’un kilomètre. L’ile-de-Sein, le Cap Sizun, les phares de Tévennec  et de la Vieille attirent moultes touristes, dont Mister Done, venu prendre un bol d’air et attraper quelques légendes au passage. C’est que le site se révèle propice à l’imagination  des habitants et guides des lieux.
Ainsi l’Enfer de Plogoff, galerie creusée par la mer sous le Cap, réputé pour être le lieu où sont ramenés les noyés dont on entend les gémissements. Enfer et monde souterrain sont toujours indissolublements liés. Et puis il y a la légende du Diable, locale, car le diable est partout dans les légendes régionales. Alors on ne résiste pas, on vous livre la légende liée à l’ile de Sein, avant la séance récréative offerte par Mister Done.

illustration recueillie sur : http://www.coeurdebretagne.com
illustration recueillie sur : http://www.coeurdebretagne.com

La Légende du Diable

Saint Guénolé était en charge de l'Ile de Sein qu'il appelait à l'époque Insula Seidhun. Il la protégeait des mauvais esprits des anciens dieux et des femmes de mauvaise vie qui obéissaient encore trop facilement aux injonctions des beaux parleurs envoyés par le Diable.
 Il faisait l'aller-retour entre l'abbaye de Landevenec et l'île, et s'arrêtait souvent au Bec du Raz pour y contempler sa cité posée sur l'eau. Il envisageait de construire un pont entre le bec et l'île afin de permettre des voyages plus confortables et moins dangereux par mauvais temps  entre Seidhun et le continent. Il l'avait promis au capitaine de l'île.
  Il en était là dans ses réflexions quand un beau jeune homme s'approcha de lui. Mais à ses pieds fourchus et à sa langue mielleuse, Saint Guénolé reconnu le Diable en personne.
 
-         Que me veux-tu, Polig ? (Petit Paul, surnom du Diable)
-         Je veux aller sur l'île qui est au loin là-bas.
-         Par ma crosse, tu ne passeras pas.
-         J'ai ouï dire que tu envisages de construire un pont, et tu ne pourras pas m'empêcher de l'emprunter lorsqu'il sera construit.
-         Alors je ne construirai pas de pont.
-         Dans ce cas là, tu seras parjure car tu as donné ta parole. Tu perdras ta sainteté et tu deviendras vite mon disciple car le mensonge aura raison de toi.
 
Saint Guénolé se sentit acculé devant l'obligation qu'il était de construire un pont qui permettrait la venue du Diable sur l'île, entraînant la perte des âmes qui la peuplait ; et l'impossibilité de ne pas tenir son engagement vis-à-vis des Iliens, devenant ainsi un menteur, et donc un pêcheur aux yeux du Diable.
 Mais Dieu veillait. Il entendit ses prières et eu pitié de son pasteur. Il lui offrit la possibilité de faire un merveilleux miracle. Saint Guénolé, grâce à la protection divine, jeta un pont de glace entre le Bec du Raz et Seidhun, puis il attendit le Diable qui ne tarda pas à arriver.
Le Diable, trop heureux d'avoir triomphé, et déjà alléché par toutes les âmes qu'il allait pouvoir corrompre, se précipita sur le pont. Dès les deux premiers pas, ses sabots brûlants fondirent la glace et le Diable fut précipité en bas de la falaise qui s'ouvrit devant lui, dans un lieu qui porte encore aujourd'hui le nom de Cheminée du Diable.
Il jura qu'on ne l'y reprendrait plus et qu'il prendrait le bateau pour venir sur l'île. Mais les bateaux étaient en bois et ses sabots brûlaient les navires avant que ceux-ci ne puissent arriver au port. De plus, toujours possédé par la grâce divine, Saint Guénolé augmenta la force des courants pour rendre la traversée encore plus longue et permettre à la chaleur des sabots de transpercer tous les souliers ou autres godillots que pourrait mettre le Diable pour protéger les ponts des navires de ses sabots de feu afin de s'en aller pervertir l'île.

L’enfer de Mister Done

Heureux d’avoir fait ses emplettes culturelles, Mister Done part prendre un bol d’air en allant contempler le phare de La Vieille et ne résiste pas à ramener quelques images.


Rédigé par Patrick Edgard Rosa le Samedi 15 Septembre 2012 à 06:15 | Lu 398 fois