Un grenier semi troglo


Les travaux avancent chez les trogs. La réhabilitation du grenier est achevée. Cet obscur réduit, ancien royaume des araignées et de la poussière, est aujourd’hui une chambre spacieuse qui fleure bon le bois frais et le tuffeau. Merci à Franck Joyeux, principal artisan de ce renouveau.


Un nid de tuffeau et de bois

Un grenier semi troglo
Franck ayant de l’or dans les mains et des idées plein la tête, nous sommes sur la même longueur d’ondes  en ce qui concerne mes projets de réaménagement du grenier : respecter l’âme du lieu en gardant la noblesse des matériaux : bois de planchers usés jusqu’ au cœur, comme pétrifiés, vieilles poutres récupérées dans les caves, roche de tuffeau ou pierre de taille, enduit de chaux. Le plancher de châtaigner à lattes larges, posé à l’ancienne, est entouré de tomettes, qui font une douce transition de matière vers les murs. L’isolation du plafond est dissimulée derrière un stuc mat couleur tuffeau. Sur le mur du pignon, l’ancien plancher grisé et piqué par le temps est réutilisé pour former un cadre isolant  à la fenêtre haute et étroite qui encadre le paysage comme un tableau vivant. Vue sur le jardin et sur le clocher de Souzay. Coucher de soleils sur les vignes. Le haut mur appareillé appuyé sur le coteau est juste rejointé et s’élève vers le faît de la demi-toiture caractéristique des maisons semi troglos. En façade, nous avons réouvert la fenêtre bouchée du grenier à foin, située au ras du sol. Il a fallu poser une balustrade par sécurité. Un vieux lit métallique a offert ses volutes de fonte à ce nouvel usage.

De l’art de la récup’

Un grenier semi troglo
Les lumières sont au sol ou encastrées dans le mur appareillé. De vieilles échelles de bois servent de rambardes  à l’escalier qui grince sous les pas. Des  chevilles de bois à l’ancienne encastrées dans le mur tiennent lieu de patères. C’est aussi le moyen de vieillir la poutre centrale en y incrustant de fausses chevilles.  Un dressing à portes à galandage composé de vieilles portes décapées dissimule la garde-robe. Tout ou presque est composé de matériaux de récupération. J’ai acheté chez Emmaüs et à la  brocante de St Clément-des-Levées un lot de grands draps de lin, qui font office de couvre-lit.  Le dossier est fait à partir d’un fond d’armoire, et le lit semble lui-même un prolongement du plancher, sans solution de continuité. Il n’y a  aucune ligne de rupture.

L’esprit du Sextantio

Un grenier semi troglo
Ce besoin de minimalisme m’a été comme révélé lors du voyage à Matera en Italie, la cité des sassi,  à la résidence du Sextantio, un concept de réhabilitation troglodytique authentique et minimaliste ( cf les articles sur le sujet). Il s’agit de rester le plus possible dans la roche brute, de minimiser le mobilier, même si celui-ci est uniquement  rustique. Les lumières sont dissimulées dans les trous de la roche dont les aspérités ne sont jamais dissimulées. Aucune concession ni à la tendance déco, ni à la couleur. Il a même fallu renoncer à accrocher le moindre tableau au mur, tendre vers un univers monacal, en fait, sans fioriture aucune. Alors, la sérénité s’empare de l’espace et de l’esprit.
 
En attendant la suite des travaux, vous pouvez consulter le blog  de Franck Joyeux sur le portail des troglonautes.
 


Rédigé par Renée Frank le Samedi 21 Juillet 2012 à 06:54 | Lu 1114 fois