Travaux lourds à la Troglo à plumes


Il y a une bonne dizaine d’années, lorsque nous sommes venus nous installer dans nos quartiers troglos parnaisiens, nous avions été tentés d’acquérir le site de l’actuelle “Troglo à plume”. Mais coteau de falaise oblige, bruit de circulation plus qu’audible avant la rénovation de la route, nous avions décliné l’offre également par manque de connaissance et d’expérience. Dix années se sont écoulées, la Troglo à plumes prend son envol au-dessus de la vallée de la Loire et offre dorénavant un nouveau visage, grâce au travail de restauration entrepris par sa propriétaire, Isabelle Joly, son compagnon Patrick Pouchin, et les entreprises qui se sont lancées dans l'aventure. Cinq mois de chantiers successifs ou combinés auront été nécessaires pour transformer le site.


Quelques 20 ans après

Travaux lourds à la Troglo à plumes
C’est en juillet 1988 qu’Isabelle acquiert le troglo pour la modique somme de 12 000 euros. Plus de vingt ans après, ce sont quelques 250 000 euros qui auront permis au lieu de revivre. La chasse aux subventions leur apporte seulement 3 500 euros. Il s’agit de réaliser un gîte des plus confortables (repertorié 4 épis aux  Gîtes de France) . Pari réussi, la Trogo à plumes est ouvert à la location pour un maximum de huit personnes et au tarif haute saison de 1360 euros la semaine (http://www.latrogloaplumes.fr ).

Des mots et des chffres...
Le coût du mobilier compris électro-ménager est de 30 000 €.
Les subventions, sur les travaux réalisés, s'élèvent à 3 500 € .
Un complément de sub pour des travaux à réaliser a été accordé à hauteur de 8 500 €,
ce qui représente 20 000 € d'investissements supplémentaires.
Donc, l'autofinancement pour les travaux réalisés porte sur approximativement 276 500 €.
Au total, 1,25 % d'aides a été pour la sauvegarde du patrimoine.
Opération commerciale ou sacerdoce? Isabelle et Patrick y réfléchissent...


Troglo de falaise

Travaux lourds à la Troglo à plumes
La troglo à plumes se répartit sur trois niveaux. De la route, on ne devine pas la présence de la demeure, nichée discrètement dans la roche, en contrebas. D’où un premier problème d’accessibilité notamment pour les entreprises chargées du gros oeuvre. Pompe à béton, grue, élévateurs auront été des alliés de tout premier ordre.
Un escalier en métal ajouré permet d’accéder au niveau supérieur où se situe l’accès vers l’intérieur de la troglo. Il a fallu remodeler la terrasse, la garnir de balustrades, et couler une chape de béton.
Le palier intermédiaire est accessible par un creusement en pente douce desservant le vaste salon et qui débouche sur un escalier desservant plusieurs pièces au niveau inférieur, dont deux ont été reliées par un tunnel qu’il a fallu creuser. Deuxième terrasse, deuxième chape de béton.
Voilà en quelques mots, la première phase de travaux.
Lui succèdent les aménagements nécessaires : eau, électricité, aérations, conduites pour les sanitaires, pompes de relevage... mais aussi les menuiseries, portes, fenêtres à vitraux, placards encastrés, creusés dans la roche. Le projet d’aménagement d’un ascenseur reliant directement le troisième niveau à la surface est momentané abandonné, question de budget. Toujours est-il qu’un large puit abrite pour le moment l'ancien escalier en colimaçon qui accède dans le salon à la cheminée monumentale.
La dernière phase est la décoration et la finition qui tiendra les propriétaires en haleine jusqu’au moment de la première location.

Maîtrise

En l’espace de 5 mois, pas moins de 12 corps de métier se sont attelés à la tâche. Cela relève du défi, tout simplement : celui d’Isabelle et de Patrick  qui, en juin dernier, décident de la vocation touristique de la troglo à plume. Ce lieu magique, sans doute fréquenté par quelques moines (nous ne sommes qu’à quelques poignées de mètres de l’Eglise de Parnay, 11ème siècle) recèle quelques trésors du temps jadis, un pressoir à raisin, trois fours à pain, quatre pressoirs , un puit..., tous magnifiés, transcendés dans leur fonction initiale. Ainsi le vieux pressoir devient une étonnante salle de bain, vaste et spacieuse.
Tout cela a été rendu possible par la présence et l’efficacité du maître d’oeuvre, Patrick Pouchin, qui a soigneusement établi, géré les plannings et rigoureusement suivi les travaux scandés par des rapports de réunions hebdomadaires de chantier, malgré les désagrements “administratifs” inhérents à ce genre de projets. D'autant plus que les Architectes des Bâtiments de France veillent : nous sommes dans un secteur protégé. Malgré tout, les délais ont été respectés et la coordination efficace a facilité le travail des entreprises rendues plus libre dans leurs exécutions respectives. Nous souhaitons Bon vent à la Troglo à plumes!
 
Inscrit aux Gîtes de France, ce petit joyau léger comme... une plume est ouvert à la location. Le site (http://www.latrogloaplumes.fr ) est d’ores et déja présent sur la toile et prêt à vous  dévoiler quelques charmes et permettra à plus d’un - et c’est là le but poursuivi par les propriétaires - de faire comprendre ce que c’est que de vivre dans un troglo fréquenté par les martinets, les hirondelles et... les troglodytes.


Rédigé par Patrick Edgard Rosa le Mardi 24 Juillet 2012 à 06:58 | Lu 1198 fois