Ste Radegonde, chapelle rupestre de Chinon

Art en troglo


La chapelle de Sainte Radegonde est une destination proche de chez nous à laquelle nous nous étions promis de nous rendre depuis longtemps sans que l’occasion ne se présente. En ce beau dimanche de mai, c’est chose faite et nous ne regrettons pas la montée abrupte du coteau de Chinon sous le soleil de printemps


Ste Radegonde, princesse germanique

Savez-vous qui était Saite Radegonde ? L’épouse d’un des fils de Clovis, roi des Francs, dont elle chercha à s’échapper à plusieurs reprises. Elle chercha conseil auprès de St Martin, évêque de Tours et se rendit sur les lieux de la chapelle qui porte aujourd’hui son nom, cela afin de rendre visite à St Jean le reclus l’ermite qui vivait en ces lieux au 6ème siècle et accomplit des miracles.
Dès le 2ème siècle, le sanctuaire, situé sur une ancienne voie romaine rassemblait les 4 éléments nécessaires au culte païen de la déesse mère : l’air ( le vent), la  pierre ( creusé dans la roche), l’eau avec la source, et le feu dû à l’exposition au soleil du levant au couchant.
Au fond de la cavité, dans la fraîcheur et la pénombre de la roche,  on atteint le puits par le déambulatoire troglodytique et un escalier monolithe qui s’enfonce à 20m sous le sanctuaire.
 

Un site rupestre

C’est probablement pour contrer ce culte païen que le site est christianisé au 6ème siècle. Mais c’est du 12ème siècle que l’on date la construction des 2 nefs, l’une sous roche, l’autre en pierre et de style roman, qui perd son toit à la Révolution et finit par s’écrouler pour devenir un jardin ombragé. Dans les années 1960, une fresque datant de l’époque de la construction de l’église est découverte lors d'un nettoyage du site.
Il s’agirait d’une chasse au faucon, animal emblème de l’Aquitaine : Henri II Plantagenêt, suivi de son épouse Aliénor, de leur fille et de deux de leurs fils, chevauchent couronnés à cheval dans de somptueux vêtements. Les couleurs sont encore vives malgré les intempéries qui ne doivent pas épargner le site ouvert aux courants d’air et aux frimas.
D’autres fresques de la même époque sont visibles sur un plafond, dont un visage d’ange. Près du tombeau de l’ermite, une autre scène est effacée, superposée à un décor  peint d’arche de Noé… Les autres fresques et sculptures datent du 19ème siècle. Je songe aux églises rupestres visitées en Italie du sud près de Matera…
 
 
 

Une ascension paisible

L’abri creusé sous roche s'ouvre sur des piliers à chapiteau dont certains datent de l’église du 12ème 
siècle ; les fines colonnes intérieures sont destinées à soutenir la voûte rocheuse : le lieu est paisible et loin du bruit de la ville.
Pour l’atteindre, il faut marcher  au moins 500m depuis la ville basse par de jolies ruelles en pente, puis en suivant un balcon de verdure bordé d’anciennes habitations troglodytes hélas abandonnées au squatters… et aux taggueurs. Un éboulement voisin de la chapelle témoigne de l’urgence de protéger ces sites fragilisés par le temps et la main de l’homme.
Ici, vous êtes accueillis par une guide qui prend le temps de vous raconter le lieu avec passion. Une parenthèse magique. Une raison de plus de visiter la magnifique ville de Chinon.
 
Chapelle Ste Radegonde
Rue du coteau Ste Radegonde, 37500 Chinon
Renseignements : 02 47 93 17 85
patrimoine@ville-chinon.com

L.T.

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Rédigé par Renée Frank le Dimanche 17 Mai 2015 à 19:15 | Lu 423 fois