Sous l’œil de Dionysos, les grottes de Naxos


Carnet de Grèce, 1. Décidément, nous jouissons de la protection de Dionysos. Nous l’avons quitté à Athènes où des grottes surplombent le théatre qui lui est consacré, et nous le retrouvons ici à Naxos, son île natale, où il incarne les forces bienfaitrices de la nature. L’ilot que l’on ne peut manquer à l’entrée de Chora (la ville de Naxos) est surmonté d’un temple dont il ne reste actuellement que « la portara », énorme porte de marbre de 6 mètres de côté. Officiellement c'est la Porte d'Appolon, mais certains chercheurs y voient là plutôt un lieu de culte dédié au dieu du vin que nous connaissons tous. Naxos ne devait être qu’une petite étape sur notre périple vers Santorin. Nous voila partis à la découverte de lieux de cultes construits sous roche dans les régions montagneuses de la plus grande île des Cyclades.


Naxos

Sous l’œil de Dionysos, les grottes de Naxos
De forme arrondie (432 kms2), l’île est traversée par un relief montagneux qui culmine à 1003 mètres : le mont Zas. Du point de vue de la géologie, nous sommes en présence de roches métamorphiques (marbres, roches évaporitiques, greiss…) remontant à l’éocène moyen ( 45 millions d’années environ). La dernière métamorphose a eu lieu il y a 17 millions d’années. Naxos était réputée pour ses mines d’émeri, autrefois exportée à l’étranger. Le sol de Naxos est fertile et produit quantité de cér'ales, huile d'olive, fruits, vin et pomme de terre. Le tourisme est évidemment très développé tout comme l’art traditionnel du tissage. L‘architecture illustre bien les vicissitudes historiques subies par les Naxiens : de la civilisation cycladique (3ème millénaire avant JC), à la domination franque et turque, en passant par celle des Athéniens et des Perses. La situation géographique de l’île en a fait une station de contact et de passages entre diverses civilisations qui ont chacune laissé leurs empreintes.

Le Monastère de Saint-Jean Chrysostome

Sous l’œil de Dionysos, les grottes de Naxos
Bâti au début du 17ème siècle, ce monastère d’expression byzantine est en réalité un « observatoire »  tourné vers Chora et la mer. Non loin de là , à environ 500 mètres, la Chapelle-grotte de « Théologaki » encastrée dans la roche, témoigne d’une ferveur religieuse bien ancrée dans la vie  locale. Cette première étape est une ballade de santé : quelques dizaines de mètres de denivelé abrupt franchis et nous voilà devant une petite porte qui s’ouvre sans difficulté. De lumineuses icônes, un petit autel sans ostentation creusé dans la roche nous accueillent, véritable havre de paix et de silence.Nous sommes à cent lieux de nos églises fréquentées aux heures permises. Ici, vous rentrez, priez, déposez un cierge et vous repartez en fermant la porte derrière vous. Par le plus grand des hasards nous croisons un couple d’Angevins venus satisfaire leur curiosité. Après un temps d’échange et de partage, chacun reprend le chemin de sa destinée. Nous partons sur les traces d’un autre lieu de culte.

Le Monastère de la Sainte Croix

Sous l’œil de Dionysos, les grottes de Naxos
Situé à proximité du Château d’Apalyros, le monastère de la Saint Croix, laisse entrapercevoir à mi pente du Mont Prophète Elie, une grotte souterraine impressionante,  « Kalorista » qui abrite trois chapelles ornées de fresques uniques considérées comme sans égales dans l’Art byzantin. Nous nous armons de courage : un bon kilomètre de sentier à chèvre bien raide, tortueux à souhait nous sépare de notre but. Un véritable calvaire nous attend, en pleine journée, en pleine canicule, sans la moindre goutte d’ombre ! Quelques siècles plus tard et sans doute dix kilos perdus, nous pénétrons dans ce sanctuaire. L’extérieur laisse à l’état de ruine, quelques arches voutées, des murs encore empreints de fresques disparues, emportées par le temps. Une vingtaine de marches s’enfoncent profondément jusqu’à la première grotte cadenassée qui abrite une fois de plus quelques icones qui nous sourient mystérieusement dans la pénombre. Là encore nous nous trouvons dans un temple vivant.
D’autres lieux de prière ou de résistance existent sur cette ile, toujours sur le même mode de creusement naturel, réaménagé par l’homme, ainsi la grotte de Zas et quelques unes encore qui parsément l’ile de Naxos. Mais le temps nous est compté et Santorin nous attend, de pied ferme.

Petites recommandations des Trogs

Nous avons loué un « quad » tout a fait approprié pour ce genre de « road movie », silloné l’ile de part en part sur une route parsemée de débris de marbre que mous avons baptisé «  route 33 ». Si un jour, vous êtes tentés par l’aventure, ne faites pas comme nous : balladez vous à la fraiche et équipez vous de solides chaussures de marche. En fin de reportage nous vous donnerons nos bons plans et nos bonnes adresses.
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Rédigé par Patrick Edgard Rosa le Jeudi 30 Juin 2011 à 07:40 | Lu 973 fois