Sinjab le marin

Troglopédia


Le sud marocain est un vaste territoire surprenant pour peu que l’on ait un œil averti. La côte atlantique est frôlée par les baleines, les renards du désert laissent leurs empreintes nocturnes sur le sable à marée basse. Enfin, une espèce inattendue se développe dans les petites cavités creusées naturellement dans la roche : les xerus vivent au bord de l'océan. Nous avons rencontré Sinjab le marin.


Prologue

Mon ombre et moi-même cheminions à la sortie de l’oued qui dessert Aglou lorsqu’elle me tapota discrètement l’ épaule pour m’indiquer un furtif mouvement dans l’une des anfractuosités de la roche tandis que je franchissais le pont dévasté par les récentes crues de l’Oued Massa.
Je n’en crus pas mes yeux, vérifiais que mentalement j’étais bien à jeun (pas de risque, pas d’alcool –ou presque- dans le sud marocain)
Une portée de ce que je pris pour des « mini chiens », longs d’une dizaine de centimètres jouaient à saute-mouton dans un boyau qui manifestement s’enfonçait dans les blocs de pierre. Arrivé à destination dans mon café préféré (nous-nous et jus d’orange), je fis part de ma découverte et de mon étonnement auprès de mon fidèle serveur (crêpes et galettes accompagnées de confiture d’abricot).
Peu de temps après, rassasié et satisfait par la réalité de ma découverte, je repris mon chemin.
 

Le Xerus, espèce protégée

Point d’’arbres, point de pinèdes, point de sapin ici à Aglou. Le "xerus", appelé "Sinjab" en arabe et "Anzid" en berbère est une variété d’écureuils terrestres africains qui vit et règne dans les trous formés par la roche de sable solidement agglomérée.  La même roche qui abrite votre fidèle serviteur. Ici, comme dans le nord du Maroc, elle se développe à proximité des buissons qui parsèment les dunes… et  des déchetteries locales ! Les écureuils " Atlantoxerus "   avides de graines, fruits, gousses, grains, insectes, petits vertébrés et d'œufs d'oiseaux, prolifèrent en bandes. Ils sont considérés comme nuisibles par les fellahs (agriculteurs), et dégustés en brochettes une fois piégés par les enfants qui jouent aux chasseurs. Cependant, ils peuvent être domestiqués et leur vente est interdite. La légende dit que ce sont les seuls à pouvoir planter des arganiers :  lorsqu’ils creusent un trou, il enterre les graines. L’espèce prolifére mais est protégée. Leur détention vous en coûterait 300 euros.
Alors si le cœur vous en dit… Faites donc un saut à la Caisse d’Epargne locale !


Rédigé par Patrick Edgard Rosa le Mardi 21 Avril 2015 à 09:40 | Lu 186 fois