Saint-Georges vs Aubeterre

Les église monolithiques en France


Les Trogs sont partout furetant inlassablement à la recherche de nouveautés « anciennes ». Alors pendant que Mister et Lady Trog se pavanaient au Maroc, je me suis rendue dans le Périgord Blanc dans les environs de Gurat à destination d’une autre église monolithe dans l’ombre d’Aubeterre sur Drone. Il s’agit de la « Chapelle Saint-Georges », ( XIe et XIIe siècles) percée dans le flanc de la colline, sur laquelle est bâti le village. Devenue propriétaire de l'église monolithe de Gurat, la mairie s’est démenée pour la valoriser : pas facile de « rivaliser » avec Aubeterre sur Dronne.


Alors que mon guide me conduisait sur un sentier en aplomb du centre de Gurat, dans la vallée de la Lizonne, je me trouvais devant l'église Saint Georges. Elle est composée d'une nef, d'un chœur et d'une abside à voûte en berceau. La nef à fond plat est assemblée et soudée à une autre plus étroite au nord, ayant une abside à ses deux extrémités. Ces deux parties sont séparées par deux colonnes ménagées dans le rocher qui portent des arcades. Une partie du berceau de la seconde nef, évidée de façon  à ressembler à une coupole. Je note la présence d'un « Arcosolium », sorte de caveau funéraire en forme de niche non loin des tombes rupestres.
Un panneau à son entrée nous explique qu’un ermite a du s’installer au départ dans une cavité naturelle de la roche pour pratiquer sa religion de façon ascétique et retirée. Dans le voisinage immédiat se trouvent deux excavations qui pourraient être d'anciennes cellules d'un ermitage. D’autres religieux l’auraient rejoint pour fonder une communauté et auraient ensuite creusé cette chapelle. L'église fut un abri pour les pélerins allant vers Saint-Jacques de Compostelle et  a du servir de cachette durant les différentes époques révolutionnaires.  

Une étude archéologique préalable à des travaux de mise en valeur et de sécurité de l’église monolithe de Gurat a été menée. Des retombées économiques sont espérées sur la commune. Un passage de cordes dans la paroi rappelle la présence antérieure des cloches. Des cloches légendaires. Englouties dans un forage d'eau potable, elles auraient provoqué moult processions pour les remonter à la surface. En vain. L'église ne fait pas de miracle mais elle nourrit l'imaginaire. Les hypothèses et légendes fleurissent dans ce site parcouru par un passé tumultueux. Au XVIème siècle, durant les guerres de Religions (1562-1598), il est mis à sac. La voûte au-dessus du choeur est détruite, les tombes profanées et les squelettes exhumés. Sous la Révolution, l'église servit sans doute de salpêtrière, au XIX° siècle, de grange, tandis que deux grottes étaient transformées en four à pain.

La mairie a dû patienter des années avant de parvenir à ses fins. «On n'était pas acquéreur de la maison du dessus. Il fallait en trouver un». Tout cela a demandé du temps. Mais c'était une priorité pour les élus qui souhaitaient ainsi favoriser le développement touristique de cette commune de 190 habitants, voisine du Périgord. Ils ne voulaient pas prendre le risque qu'un propriétaire ferme un jour l'accès de ce monument, dont ils ont demandé le classement.
«On est sur un parcours incroyable: Gurat, Aubeterre, Saint-Émilion» 
 
Alors si vous allez à Aubeterre,
Vous savez ce qu’il vous faut faire…
Arrêtez-vous là,
Parole de Troglita
 
Photos et textes Chantal Bouin, alias "Troglita"

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Rédigé par Patrick Edgard Rosa le Vendredi 26 Mai 2017 à 07:06 | Lu 116 fois




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