Quizz 2, les “creutes” picardes


Le quizz 2, suite... Ce qu’on appelle « creute » recouvre deux définitions. Le terme désigne à la fois les carrières picardes, et la forme d’habitat troglodytique local du Soissonnais et du Laonnais.


Quizz 2, les “creutes” picardes

Les carrières

Les creutes furent exploitées dès le Moyen-Age pour leur pierre calcaire sur une hauteur d'environ 3 mètres. Dans un premier temps, leur exploitation était artisanale et à l'échelle familiale. L'exploitation est alors menée par piliers tournés très irréguliers, laissant des fronts de taille perforés de trous. Les blocs extraits sont très allongés.
Dés le début du 19ème siècle, les autorités encouragent la reconstruction des maisons de torchis en pierres de taille afin de limiter les incendies. Les anciennes exploitations souterraines sont réactivées et la production s'organise sous forme de petites entreprises locales. Un banc supplémentaire, d'une hauteur de 2 mètres, est de nouveau exploité. On extrait alors des blocs plus volumineux et carrés.

Quizz 2, les “creutes” picardes

L’habitat

Le terme de "creutes" désigne également, pour les habitants locaux, les cavités qui font référence aux grottes habitées par nos ancêtres (terme qui normalement est attribué à une cavité naturelle). On associa aussi le mot creute à une habitation troglodytique construite à la sortie d'une petite carrière. Ce type d'habitation évoque bien sûr la précarité des gens qui y logent, souvent marginalisés.

Quizz 2, les “creutes” picardes

La première guerre mondiale

Lors de la première guerre mondiale, les poilus et les soldats allemands utilisèrent ces carrières comme abris. Ces creutes devinrent des lieux de cantonnement pour des régiments entiers. Un certain nombre d’infrastructures (chambres, appartements d'officiers, infirmerie, cuisine ...) furent ainsi créées pour une occupation  de « longue durée ». Les alentours furent également aménagés pour surveiller les entrées et  les relier aux tranchées. La durée de cette guerre des tranchées fut propice à l'apparition d'œuvres artistiques réalisées sur les parois des carrières (sculptures, graffitis et chapelles souterraines). dont certains vestiges nous sont miraculeusement parvenus. Progressivement, cette occupation humaine contribua à faire évoluer le sens du mot "creute" dans le langage militaire. C'est le deuxième sens du mot "creute" qui va être retenu par l'histoire et qui met en avant l'occupation humaine d'une carrière. Les logements officiers, proches des entrées  en pierre de taille, contribuent à entériner cette connotation "troglodytique".
Le terme de creute est aujourd'hui associé dans l'esprit collectif  à l'histoire des militaires de la première guerre mondiale. Restons en temps de guerre pour aller découvrir les tranchées du coté d’Arras. A suivre...


Rédigé par Patrick Edgard Rosa le Samedi 24 Novembre 2012 à 07:00 | Lu 232 fois