Quizz 2, les “boves ” d’Arras


Bon, où en étions nous... ah! La guerre, ou plus exactement les guerres. Elles ont marqué les galeries souterraines autrement dit les “boves”. C’était la réponse du jour à notre quizz.


"Bec en fer" et les boves d’Arras

Quizz 2, les “boves ” d’Arras
Prélude aux temps modernes, les boves d’Arras ont du être “fréquentées” par la soldatesque lors des conflits opposant les Armagnacs aux Bourguignons au 14ème siècle. C’est ce qu’on apprend dans “Bec en fer chez les Flamands” de notre très cher et estimé Jean-Louis Pesch. Les héros prennent le chemin  des ports et villes de Flandre, séjournent à Arras, dans les boves. Ces villes appartenaient alors au Duc de Bourgogne.
Le terme de “bove” d’origine arrageoise apparait au 14ème siècle sans qu’on en connaisse exactement l’étymologie. L’usage d’alors était réservé aux carrières d’extraction pour bâtir des édifices religieux et des remparts. “Mais le calcaire étant gélif, se délitant sous l'action du froid, et de qualité médiocre, les bâtiments s'abîment et doivent être restaurés régulièrement. Un édit du roi Philippe II d'Espagne en 1583 contraint de réaliser les réparations des maisons en pierre ou en brique et non en bois, pour éviter les risques d'incendie. Les besoins en pierre s'accroissent donc et le réseau souterrain s'élargit. Mais les liens sont rares entre ces galeries dites à « pilier tourné », du nom de la technique utilisée : les carriers tournaient en fonction des failles géologiques... Utilisées comme caves, comme entrepôts ou parfois pour voler les voisins, comme le rapportent les mains courantes de police, ces boves sont très présentes dans la conscience collective locale et dans l'imaginaire : des légendes courent sur des passages souterrains si larges que des calèches pouvaient y parcourir des kilomètres.» (Les Echos n° 20740 du 13 Aout 2010 • page 4)

La guerre de 14-18

Quizz 2, les “boves ” d’Arras
C’est grâce aux Anglais que l’on connait mieux ce réseau. Le cantonnement de 24 000 soldats a obligé nos compatriotes d’Outre-Manche à construire une véritable ville souterraine, un hôpital de 700 places, un espace rigoureusement cartographié. La bataille d’Arras, offensive britannique, canadienne, australienne, néozélandaise et terre neuvienne contre les troupes allemandes dura du 9 avril au 16 mai 1917.
Il reste de cette période de troubles le Mémorial de la Bataille d’Arras : Après une descente à 20 mètres de profondeur par un ascenseur vitré, les visiteurs plongent dans l’intimité de ce réseau de souterrains pendant une visite audioguidée et encadrée par un guide-accompagnateur. Les souterrains arrageois attirent près de 100.000 touristes par an, la moitié pour les boves « classiques », directement accessibles par un escalier sous le beffroi du coeur de ville et l'autre moitié pour la carrière Wellington. Une majorité de visiteurs provient du Commonwealth où le tourisme de mémoire est très actif.

Témoignage

Quizz 2, les “boves ” d’Arras
Dans “L'Illustration 1920-1929”, revue hebdomadaire française créée en 1843 nous avons mis la main sur un témoignage de l’époque. La revue consacre un certain nombre d’articles historiques, notamment sur les différents conflits mondiaux.
"C'est dans la région de l'Aisne, où l'ennemi s'est accroché depuis des mois aux falaises rocheuses. En face de lui, autant et mieux que lui, nos troupes se sont adaptées à l'étrange vie souterraine des troglodytes... Un tournant brusque et voici qu'une gueule sombre s'ouvre devant nous, dans un chaos de blocs de pierres. La grande carrière est là. Elle abrite maintenant 2 compagnies d'infanterie française. Comme dans les catacombes romaines, des galeries s'ouvrent. L'allée principale se ramifie en couloirs irréguliers qui descendent jusqu'aux salles profondes, voici à notre droite le cercle des officiers, à gauche la cambuse du fourrier... Un abri sec, de la paille, quelques meubles, du feu, c'est le grand luxe pour ceux qui reviennent des tranchées. A l'issue d'un couloir, soudain apparaît une des grandes salles. Sur la paille, abondamment jetée, des hommes reposent déjà. C'est la compagnie qui a veillé et combattu dans les tranchées de première ligne. Les soldats ont sombré dans le sommeil... D'autres jouent aux cartes. Des bougies piquées ça et là éclairent leur visage... Quelques-uns profitant d'un rai de lumière, écrivent, ayant leur sac comme pupitre sur les genoux."
Julien Tinayre, le 23 Janvier 1915, dans l'Illustration.
 
Merci à Troglyta pour toutes ses recherches.
sources : http://ruedeslumieres.morkitu.org


Rédigé par Patrick Edgard Rosa le Dimanche 25 Novembre 2012 à 06:21 | Lu 578 fois