Nuits canariennes 2/2

Les bons plans de Lady Trog


Lanzarote abrite quelques maisons extraordinaires nichées dans des bulles de lave, comme la maison de l’artiste César Manrique. Mais l’île recèle aussi d’autres habitats plus traditionnels où il fait bon vivre à l’abri de la brûlure du soleil et de la violence des vents. Nous avons déniché une finca (ferme) construite autour d’un vieil eucalyptus.


Une "kasbah" canarienne

Au pied d’un cône volcanique, cachée dans un bosquet d’arbres, la ferme de Nadine et José est bâtie en contrebas de la route à la sortie du village d’Asomada, seulement à 15 mn de l’aéroport, à l’intérieur des terres. La mer n’est qu’à quelques kilomètres mais on est très loin de l’animation touristique, protégé par les ramures d’un arbre géant : un très vieil eucalyptus.
De l’extérieur, la ferme ressemble aux autres maisons de paysans des villages blancs alentour, aux fenêtres et volets peints en vert avec un toit plat en terrasse. On y pénètre par une porte qui donne sur une cour intérieure occupée par l’arbre autour duquel a été construite la maison. Un hamac se balance aux branches et vous invite à la rêverie. A l’extérieur, le vent balaye les pans de la montagne et les paysages de coulées de lave à la fois inhospitaliers et grandioses. On se sent immédiatement à l’abri des forces naturelles qui ont forgé cette île aride au climat presque hostile à l’homme. Les pièces de vie sont distribuées autour de la cour, tournées vers l’intérieur comme dans les kasbah berbères. 

Intérieur

Notre chambre s’ouvre aussi sur le patio par une porte unique, sans fenêtre. Pourtant, à l’intérieur, la vaste pièce est lumineuse. Une lumière zénithale zébrée par les ombres mouvantes des branches de l’eucalyptus éclaire les murs chaulés de blanc. Trois carrés ouverts sur le ciel, comme une œuvre de l’artiste James Turrell : une idée de César Manrique qui est passé par là. Nous ne pouvions rêver mieux pour camp de base de notre exploration de l’île. Du plafond, une suspension imposante de fougère déferle sur une large baignoire ouverte sur la chambre. Un espace moderne, lumineux et sobre comme je les aime. La sérénité est au rendez-vous. Nous faisons connaissance avec José, le maître des lieux, dont la voix indolente et le physique imposant nous rappelle nos amis cubains. Les Canariens ont beaucoup en commun avec les îliens de l’autre côté de l’Océan.

Extérieur

Devant la maison, une vaste esplanade surélevée avec des enchères creusées en contrebas ressemble à une aire de battage ou un pressoir à raisins. Ce sont des pièges à eau, qui mènent les rares pluies vers une citerne souterraine. Encore une preuve de l’ingéniosité humaine pour s’adapter à son environnement. De même, dans les vignes qui s’étalent aux alentours dans les champs de sable volcanique, chaque cèpe est planté au fond d’un trou conique tel un véritable entonnoir, et protégé par un muret de pierres volcaniques, destiné à le protéger du vent et à recueillir la rosée du matin. En effet, le sable volcanique joue le rôle de capteur d’humidité et de régulateur thermique. Comme à Santorin, la terre volcanique donne naissance à d’excellents vins, rouges ou blancs. Certains cépages très anciens datent d’avant les ravages du phyloxéra. Certaines bodegas (caves à vin) remontent au 18ème siècle. Nous vous conseillons le blanc de la Bodega El Griffo 
L.T.
Pour réserver : rechercher la finca de Nadine sur airbnb àl’Asomada, Lanzarote.

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Rédigé par Renée Frank le Jeudi 22 Septembre 2016 à 08:33 | Lu 102 fois