Mission de préservation au Bioparc : le sanctuaire des okapis.


L’arrivée de deux okapis mâles au Bioparc de Doué la Fontaine fut comme un heureux événement, attendu depuis longtemps, puis qui survient brusquement et crée l’effervescence. Car pour obtenir la garde d’un okapi, il faut se mettre sur liste d’attente et surtout montrer patte blanche, comme pour une adoption, car c’est bien de cela qu’il s’agit : beaucoup de demandes et très peu d’élus. Fort de ses nombreux atouts, le Bioparc a donc obtenu la garde d’Azizi et d’Obasi, 3 ans et 1 an et demie.
Récit d’une belle aventure qui ne fait que commencer :


Un sanctuaire pour une famille élargie

Mission de préservation au Bioparc : le sanctuaire des okapis.
Sont-ils arrivés  en autostop, par camion ou en avion, des lointaines forêts humides du Congo ou de l’Ouganda ? En fait,  l’un est arrivé du zoo de Stuttgart et l’autre de Lisbonne, car il n’est plus permis d’enlever les okapis à leur milieu naturel. Il a fallu aménager la carrière destinée à devenir le sanctuaire, déménager les pandas et autres habitants du site dans un temps record, planter une végétation adéquate pour recréer un environnement semblable à celui des okapi d’Afrique : autour de nos jeunes premiers, deux céphalophes du Natal (sortes d’antilopes), ainsi qu’une  volière composée de 15 espèces de la forêt tropicale : toutes sortes de touracos, dont le touraco Pauline ( eh oui, comme ma nièce qui est venue visiter le parc avec moi), des cigognes d’Abdim, des calaos à joues argentées, des oies armées de Gambie, des pintades huppées… Bientôt des cercopithèques de Hamlyn à tête de hibou (primates) rejoindront le sanctuaire des okapis. Plus de 4000 m²  creusés dans une ancienne carrière et un filet tendu à 20 mètres du sol abritent cette faune de la forêt profonde. Une passerelle et un observatoire permettent aux visiteurs d’approcher au plus près  les nouveaux venus qui semblent déjà bien acclimatés.
Tout ce petit monde semble vivre en bonne entente, mais c’est sans compter l’arrivée de Camilla prévue à l’automne. En effet, il ne s’agit pas de la visite de la femme du Prince Charles, mais d’une femelle déjà âgée de 19 ans, qui va venir rejoindre les jeunes mâles, qui rentreront alors en compétition pour séduire la vieille dame, qui malheureusement ne pourra pas procréer, cela en attendant l’arrivée ultérieure d’une jeune femelle et donc d’hypothétiques  bébés okapis ( comment les nomme-t-on ? dit-on un okapon, comme un girafon ?).

Un explorateur nommé Okapia… (erratum)

Cherchez bien l'okapi ! bravo Pauline!
Cherchez bien l'okapi ! bravo Pauline!
Mais revenons à nos moutons. Les okapis font partie de l’ordre des artiodactyles (qui sont des mammifères à sabots, au nombre de doigts pairs) et de la famille des giraffidés. D’ailleurs, si vous imaginez une tête et un cou de girafe avec un corps de zèbre, vous commencez à percevoir à quoi un okapi peut bien ressembler. En fait, son nom vient de la description qu’en faisaient les pygmées Mbuti : à cause des rayures blanches sur sa croupe brune, il ressemble à « un arbre éraflé par des flèches ». Il ne fut  pas baptisé d’après le nom d’un certain explorateur nommé Okapia, comme l’a écrit un  célèbre journal local… L’explorateur qui a découvert les okapis au début du XXème siècle s’appelait Sir Harry John Stone (encore un prénom royal). L’okapi vit jusqu’à 30 ans, mesure 1,80m au garrot, pèse de 200 à 270 kilos et sa gestation dure 15 mois. Il est herbivore et s’avère inoffensif, même si ses réactions peuvent être inattendues  (se méfier des coups de sabot !)

Une mission de préservation

La venue des okapis au Bioparc est le résultat du travail remarquable de l’équipe du zoo, et des trois générations qui ont apporté leur vision à ce projet fantastique : redonner vie à d’arides carrières de falun et recréer des environnements spécifiques à des faunes extraordinaires. La fosse des rhinocéros noirs, la grande volière ou l’enclos des girafes en sont les meilleurs exemples. Le sanctuaire des okapis exauce le souhait de Louis, Pierre et maintenant François Gay, capitaines successifs à la barre de cette arche de Noé,  de contribuer à la préservation des espèces en danger. En effet, l’okapi ne donne naissance qu’à un seul petit et il est classé comme unes espèce vulnérable, à cause de la déforestation, du braconnage, des conflits ethniques et des extractions minières de sa zone de survie. On estime qu’il ne reste aujourd’hui  plus que 30 000 à 55 000 individus vivant en milieu naturel. Le Bioparc participe activement au programme « Okapi conservation program » développé depuis 1987 dans la forêt de l’Ituri, à l’est de la République démocratique du Congo, cela dans des conditions parfois extrêmement difficiles.  Espérons que la présence des Okapi au Bioparc contribuera à  une meilleure prise de conscience de la nécessité de protéger ce gentil  et gracieux animal.
 
Et pour finir, l’interview d’Ingrid Wibaut, soigneuse animalière dédiée au sanctuaire des okapis.
Merci aussi à Pauline pour sa contribution photographique et graphique.
 
 
Lady Trog

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Rédigé par Renée Frank le Jeudi 22 Août 2013 à 10:03 | Lu 365 fois