Les tsingy de Bemaraha, Madagascar


Etant sorti de ma tanière-cave parnaysienne, je me suis rendu chez des amis pour y faire la connaissance de Marcel Druart, passionné de photographie et de voyages. Il désirait des renseignements pratiques sur Cuba et profita du moment qui nous était donné pour me présenter le fruit de son travail réalisé à Madagascar.
Tilt ! Je suis tombé en arrêt sur certaines photos notamment celles prises chez les Tsingy de Beramaha. Devinez quoi… qui dit relief “karstique” dit?


Le site inscrit

Nous sommes dans la réserve naturelle intégrale du Tsingy de Bemaraha, une région de l'Ouest de Madagascar inscrite depuis 1990 sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO. Elle se trouve au nord du parc national Tsingy de Bemaraba.
Wiki dit :  “Les canyons  aux bords tranchants comme un rasoir des Tsingy de Bemaraha se sont formés en grande partie sous la surface, à partir de cavités étroites et profondes. Tandis que les pluies de mousson  ciselaient le sommet d'un vaste dépôt calcaire, la nappe phréatique dissolvait la roche le long d'un réseau de lignes de fracture. Lorsque la voûte des cavités s'effondra et que la nappe s'abaissa, un labyrinthe de canyons avec lapiés tranchants émergea."

Le karst

Les structures karstiques concernent environ le cinquième de la superficie continentale de la Terre. Les karsts présentent pour la plupart un paysage tourmenté, un réseau hydrographique essentiellement souterrain et un sous-sol creusé de nombreuses cavités : reliefs ruiniformes,  pertes et resurgences de cours d'eau, grottes et gouffres…
“Un paysage karstique et un massif calcaire fortement déchiqueté forment un « tsingy » ou « forêt » d'éperons calcaires, paysage unique au monde. La réserve abrite d'autres manifestations karstiques telle la gorge de la rivière Manambolo (de 300 à 400 mètres de profondeur). La réserve de Bemaraha présente par ailleurs un paysage contrasté avec un relief vallonné et des pics élevés où des forêts primaires, des lacs et des mangroves servent d’habitat à diverses espèces d'oiseaux rares et à des lémuriens. »

Les Tsingis

Ces véritables cathédrales de calcaire  se présentent comme un réseau très dense de failles, crevasses, blocs calcaires rugueux, parfois taillés en lames. Il y a 200 millions d’années, la mer a déposé fossiles et coquillages morts. Lorsqu’elle s’est retirée, les pluies ont façonné durant cinq millions d’années le paysage actuel.

Les “Wazimba”

Tombeau Bara dans le Parc national de l'Isalo
Tombeau Bara dans le Parc national de l'Isalo
Les hypothèses sont nombreuses. La plus vraisemblable ferait remonter l’occupation de l’île  et de la vallée à cette population de petits hommes d’origine indonésienne dont certains clans auraient été chassés des hauts plateaux centraux. Ces Vazimbas de l'Ouest, vahoaka ntaolo ("peuple d'origine/premier") austronésiens se distinguèrent dès lors selon leur nouveaux habitats : les «Vazimbas an-drano» (« ceux de l'eau ») vivaient près des lacs, les « Vazimbas an-tanety » (« ceux de la terre ferme »), les plus nombreux, résidaient dans la vallée du Betsiriry. Les « Vazimbas an-tsingy » (« ceux des Tsingy du Bemaraha »), plus connus sous le nom de Bôsy ou Beosy, vivaient dans des grottes et mangeaient les produits de la forêt.
Il y a 300 ans, les Tsingy ont servi d'abri aux " vazimba ", les premiers occupants de Madagascar. Aujourd'hui, ils deviennent un lieu de culte et de cérémonie pour la population riveraine. Etant donné que ces roches calcaires présentent une hydrologie karstique complexe, les Tsingy jouent le rôle de château d'eau pour la région d'Antsalova. Une piste interessante pour les Trogs? Une affaire à suivre...
 
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Merci pour sa généreuse et enrichissante collaboration à Marcel Druart.


Rédigé par Patrick Edgard Rosa le Lundi 17 Février 2014 à 09:37 | Lu 353 fois