Les cuevas d’Ignacio et Ingran


Cela fait presque vingt ans que nos hôtes à Gorafe sont impliqués dans la réhabilitation de cuevas. A l’époque, Libé avait réalisé un reportage sur ces précurseurs. Vingt ans après, troglonautes.com leur donne l’occasion de faire le point sur leur parcours.


Cave après cave …

Les cuevas d’Ignacio et Ingran
Ignacio, à peine cinquante ans, est un vieux de la vieille : les "caves" n’ont plus aucun secret pour lui,  tout est exécuté dans les règles de l’art, avec le souci écologique et environnemental en plus. Ingran vient le compléter à merveille pour la gestion des gîtes au quotidien, et pour l’accueil des occupants tels que nous, qui venons  prendre possession de la cueva de sa sœur, absente.
Vingt ans après les premiers émois, ils comptent à leur actif  six propriétés, prêtes et ouvertes à la location : c’est leur principale source d’activité. Et devinez quoi, à Gorafe, il les connaît toutes : c’est lui, Ignacio qui les réhabilitées. De plus, il est au centre du circuit et connaît celles qui sont à vendre. Tout le monde vient à lui. Ignacio fait partie de l'association Gorafon, qui regroupe les loueurs de cuevas dans le village. C'est aussi le cas de Claude, une française installée depuis longtemps.

Le coup de cœur d’Ingran

Les cuevas d’Ignacio et Ingran
Ingran, avenante et généreuse, ne demande pas mieux que de me faire visiter leur empire qui jalonne les promontoires surplombant les ruelles escarpées. Toutes les cuevas sont décorées, personnalisées, fonctionnelles, très souvent agrandies. L’embarras du choix pour qui veut y séjourner. Et puis, elle m’emmène voir celle qu’elle préfère. Peut être parce qu’elle y séjournait, Ignacio dans la cueva voisine, au temps de leurs premières amours. Mais surtout parce que celle-ci a été restaurée à l’identique, n’ayant subi aucune modification structurelle.
Là j’ai été bluffé! Il y régnait une douce chaleur et une douce pénombre. L’ensemble possédait une âme rustique, pas high tech du tout… On faisait un bond de 50 ans en arrière. Pas d’ouvertures agrandies, rien avait changé. un lieu authentique!
Nous étions en plein hiver, même si la température extérieure était relativement clémente : c’était la première cueva que je voyais qui n’avait pas besoin de chauffage. Je fis part de mes réflexions à Ingran qui m’expliqua simplement que l’exposition était parfaite et que tout avait été soigneusement conçu à la construction de cette vieille demeure qui conservait naturellement la chaleur. La simplicité et l’humilité de cet endroit avaient grâce à ses yeux de longue date. Moi il m’avait immédiatement et instinctivement séduit.

Le rêve d’Ignacio…

Les cuevas d’Ignacio et Ingran
Natif de Gorafe, Ignacio avait hérité d’une huerta d’oliviers, située aux abords immédiats du village, en contrebas, à proximité du cours d’eau. Cette annexe, ce repaire m’a permis de découvrir un autre aspect du personnage : son amour pour son village et sa terre, cette terre qui distille quelques légumes et fruits, mais donne la possibilité aussi à tout propriétaire d’avoir sa propre production d’huile. On ne peut parler de l’Andalousie sans évoquer ces majestueux et infinis paysages couverts d’oliviers. Je découvre la huerta d’Ignacio avec ravissement et patiemment, il me raconte cette relation inscrite dans les générations avec l’olivier. Puis il me guide vers une parcelle ou trois ânes accourent vers nous et que nombre de poules évitent bruyamment. Il cueille quelques olives prêtes à être récoltées, fière de leur aspect : « c’est ça le résultat de l’engrais naturel. Ici tout est nature de chez nature ! ». Enfin il nous emmène voir un petit bout de coteau, et le désignant, nous confie son rêve à venir : y construire de ses propres mains une belle cueva pour sa femme et lui, juste à côté de son champ d’olivier.


Rédigé par Patrick Edgard Rosa le Lundi 23 Janvier 2012 à 07:22 | Lu 572 fois