Les “couches” parisiennes


Rome ne s’est pas fait en un jour. Paris non plus. Notre bien aimé Victor (Hugo) se plaisait à dire : “Paris est une porte de puit perdu…Disséquer cette ruine à fond semble impossible..” Partons du haut : immeubles, caves, cryptes, égouts, parkings, metro… En dessous, RER, et puis les carrières. Creusons encore sous la nappe phréatique : “Eole” serpente ! À moins trente mètres.
Alors, plutôt que d’en rester à ce niveau, les trogs continuent de s’enfoncer, dans “la doublure sombre et silencieuse de la Ville lumière”.
La “carrière” de Paris débute à l’Antiquité, dans ce bassin constitué de gypse au nord et de calcaire au sud. Les premières pierres de construction en furent extraites et lorsque Lutèce s’agrandit, elle gagna sur cet espace même : “l’extension continue de l’espace bâti abolit les distances. Dès le 17ème siècle, de vastes périmètres urbains reposaient sur le vide”.


Paris en tient des couches !

Les “couches” parisiennes
Remontons jusqu’au Paléogène (première moitié du tertiaire comprenant l’éocène et l’oligocène) : la région parisienne est une immense mer qui recouvre la France et nos amis belges. La région est submergée par des mers “transgressives” et “régressives” qui déposent sur le socle (environ 2000 mètres de profondeur) des couches  de sédiments, étagés. Ainsi le “lutétien” (cycle marin générant des dépôts  de calcaires grossiers, marnes et caillasses) : la mer recouvrait la région de la Manche et s’étendait jusqu’à Soisson ou Bruxelles. “Epicontinentale”, elle était peu profonde, et d’une température de 20-25°, favorisant  la prolifération d’une  faune riche en mollusques et en foraminifères. Voilà ce qu’il en est des soubassements de notre ville lumière, fondée sur des alluvions du quaternaire de la Seine. Au coeur même de la cité, ils reposent sur les bancs calcaires.
Bibliographie : (“Géologie de Paris”, de Robert Soyer, “Description minéralogique des environs de Paris”, de Guettard -1976-)
 

Autonutrition

Les “couches” parisiennes
Paris se nourrit de lui-même. Nos carrières d’extraction, dans notre Saumurois natal, jouxtent des habitats qui se sont développés autour, ou ont exporté des pierres pour la construction des châteaux. Paris se nourrit de lui-même : le sous–sol parisien a fait l’objet d’une exploitation systématique (industrie et construction). Nombre de bâtiments, anciens hôtels, ont exhumé les entrailles de la capitale, sous-minée : le calcaire a servi pour la pierre à bâtir, le gypse pour le plâtre, gravier, sable, les marnes vertes et argiles pour les poteries, briques. Paris, ville lumière, ville gruyère.


sources : "Atlas du Paris souterrain" Alain Thomas, Gilles Clément, Parigraphie.

Les “couches” parisiennes
à suivre

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Rédigé par Patrick Edgard Rosa le Jeudi 30 Mai 2013 à 13:41 | Lu 215 fois