Les agadirs de l'anti-Atlas


Sans trop savoir pourquoi, nous décidons d'aller à la rencontre des "agadir" de l'anti-Atlas, avec en ligne de mire une chambre d'hôte perchée à une cinquantaine de kms de Tafraout, histoire de marquer un peu notre nouveau territoire.
Jackpot! Nous découvrons un, puis deux, puis… une multitude de "châteaux cathares" made in Berbérie, et un croisé moderne épris de sa culture et d'une religion basée sur l'amour du Patrimoine : ça ne vous rappelle rien?


Histoire de vous présenter le cadre général, nous sommes au coeur de l'Anti-Atlas. Le paysage est immense, 360° de toute beauté. Issue d’un relief ancien (300 millions d’années),  et d’un vaste bombement de roches paléozoiques. La région, peu connue, est dominée par les oasis des vallées du Drâa et du Dadès. Les villages se réduisent à quelques poignées de petites maisons basses, clairsemées dans le paysages. Ailleurs, des kasbahs fortifiées se perchent sur des pitons rocheux pour se défendre contre les envahisseurs.

L’eau est une denrée précieuse. Elle circule à quelques endroits, formant de précieuses vasques d’eau claire. Une grande partie souterraine est utilisée à la périphérie des plaines du Souss et de Tiznit. De longue date, la population exploite la majorité de ces sources en utilisant la technique de captage appelée khettara (ou Qanat en Iran, Foggara en Algérie) : drains souterrains de captage des eaux par gravité.
Il y a des puits, des citernes, qu’il faut protéger. Il y a les cultures au résultat aléatoire (climat, vol, pillage…), des biens à protéger, une population besogneuse qui cherche à se protéger et à conserver ses biens. La réponse trouvée, ce sont les igoudan (pluriel d’agadir).

 

Etat des lieux : un ouvrage fort bien documenté et illustré sur lequel nous reviendrons (Les agadirs de l'Anti-Atlas occidental) fait état de 107 agadirs en “bon état” et de 67 autres en ruine. “Ces bâtiments à l’architecture attractive et énigmatique présentent une grande diversité de sites, de formes, de volumes, de taille et d’agencements. Ils servaient (et servent partiellement toujours) de greniers collectifs réservés au stockage des produits agricoles, là où le risque de la rareté l’emporte (sur les marges arides du Sahara marocain). Aujourd’hui, cette fonction traditionnelle est abandonnée dans beaucoup de cas ; seuls environ un tiers des agadirs sont toujours fonctionnels. Ils constituent, encore vivants, un patrimoine culturel d’une valeur inestimable et qui méritent la préservation et la valorisation.”

Les Trogs ont bien évidemment craqué et ont commencé à sillonner la région à la recherche de ces citadelles fortifiées qui font penser aux majestueux châteaux cathares perchés et hautement défensifs, avec des formes d’organisation telles qu’on peut les retrouver à Brézé, par exemple.
 
A suivre : Djamal, ou l’amour du Patrimoine. Nous avons provoqué une belle rencontre avec un acteur passionné de la sauvegarde du Patrimoine. Ici, comme ailleurs (par exemple en Saumurois) les réflexes sont identiques et identitaires…

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Rédigé par Patrick Edgard Rosa le Jeudi 30 Janvier 2014 à 07:44 | Lu 232 fois