Les “Trois soeurs”, version troglo


La réappropriation n’a pas de prix. Lorsque nous achetons une maison ou un troglo, c’est aussi le passé que l’on acquiert et les traces du temps jadis, un vieil établi par-ci, un garde manger par-là… Nous ne nous doutions pas, il y a moins d’une semaine que nous recevrions des visiteurs particuliers, en l’occurrence les anciens propriétaires : trois soeurs dont deux sont nées dans cette maison du 3 rue Cristal à Parnay. Souvenirs et commentaires ont afflué. Le passage de relai s’est effectué, la maison nous a livré quelques secrets, trésor inestimable offert par les trois soeurs.


Andrée porte avec pétillance et malice ses 80 ans. Elle vit dorénavant près d’Argeles Gazos. Née à Brézé, elle a vécu dans cette maison où sont arrivés les autres enfants, deux garçons et ses deux soeurs. Jacqueline a vu le jour dans notre salle à manger. Dominique, la petite dernière, revoit son frère, tentant d’échapper au martinet maternel en courant dans toute la maison, tandis qu’elle se réfugiait dans les caves, cachée derrière les barriques. Elles revoient avec plaisir le buffet en chêne que nous avons conservé.  Au fur et à mesure, les souvenirs affluent et les trois soeurs nous brossent non seulement un portrait humain de la maison, mais aussi du village et de ses alentours il y a quelques poignées d’années.

Repères

Les “Trois soeurs”, version troglo
Ainsi la “niche“ de la salle à manger daterait de la Révolution (1789) : notre habitation contigüe au prieuré abritait les domestiques. Le bruit court qu’on y pratiquait des offices religieux.
Le grand-père Frémont était viticulteur : il reçut prix et médailles au Concours Général de l’exposition de 1936 à Paris pour la qualité de ses vins. Il finit ses jours dans ce qui deviendra le “bureau des trogs”. Ses vignes étaient morcellées, une parcelle jouxtait l’église. Pendant la deuxième guerre mondiale, la parcelle fut recquisitionnée par les Allemands qui y avaient installé une batterie de DCA et qui consolidaient leurs installations à l’aide… du fil de fer des vignes!  Restons à cette époque : le “bunker des trogs” servait d’abri lors des bombardements de Saumur et la galerie qui y conduit  accueillait les réfugiés voisins.
L’entrée principale de nos caves comporte deux pièces. A gauche, la “salle au méchoui”, ancien foyer accueillait une vache, tandis que celle de droite (future salle d’eau) abritait le cheval utilisé pour le travail des champs et celui de la vigne.

Anecdotes

Les “Trois soeurs”, version troglo
Pagnol n’est pas loin… Grand-Père allait  trop souvent “goûter” son vin. Pour le faire revenir, Grand-Mère coupait le courant de la cave… Lorsqu’il nettoyait la cuve toujours existante, il fallait aller le tirer par les jambes.
Côté cuisine, les filles jouaient à la marchande dans la laiterie, notre actuelle cuisine. Maman dévolue à l’épluchage des pommes, et à la culture des endives en cave, réalisait également des travaux de couture : sa réputation fit d’elle l’habilleuse des morts du village. Notre salle de bain servait à entreposer le fourrage.
Côté village, la rue Cristal en était le “coeur”, un lien social accompagné d’inimitiés parfois violentes. Charettes, vélos étaient couramment utilisés. On allait à l’école de Souzay ou de Parnay. La famille Frémont allait passer ses vacances au bord de l’eau :  la Loire, sur l’iîe de Souzay.

Les “Trois soeurs”, version troglo
Andrée, Jacqueline et Dominique reprennent leur pélerinage en nous promettant quelques photos qui viendront agrémenter l'histoire du lieu.
A suivre.

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Rédigé par Patrick Edgard Rosa le Lundi 17 Juin 2013 à 09:17 | Lu 200 fois