Les Champs Phlégréens, mythes et réalité (1)

Ouvrage de référence


Le passionnant ouvrage intitulé VINGT MILLE LIEUX SOUS LA TERRE aux éditions Presse polytechniques et universitaires romandes, décrit dans le chapitre 4 intitulé « le souterrain au quotidien » la richesse du sous-sol des Champs Phlégréens, antichambre du royaume des ténèbres…


Quelques généralités

Cette région, située à seulement 9 kms de Naples était considérée par les anciens comme l’entrée de l’empire des ombres. Ils suggèrent l’instabilité (nous sommes en région volcanique), en deviennent symboliques jusqu’à ce que la mythologie s’en empare.
Dans cette dimension temporelle inattendue, l’oeuvre des hommes s’accompagne de l’oeuvre de la nature et de celle des divinités…”.    

C'est en fait une caldeira formée au cours de deux éruptions majeures, il y a 36 000 puis 14 000 ans. Cette zone se caractérise par la présence de très nombreux cônes et cratères volcaniques, ainsi que par des phénomènes thermaux, tels que sources chaudes et fumerolles, ce qui en fit un lieu de villégiature apprécié des Romains.

Aux portes de l'Enfer

Citons l’auteur du texte, Luca Ortelli :

Les Champs Phlégréens constituent une région avec des limites très précises et une morphologie tourmentée et hétérogène. Situés à l’ouest de Naples, face aux îles de Procida et d’Ischia, les Champs Phlégréens embrassent le golf de Pouzolles de Bagnoli à Misène et se prolongent jusqu’à Cumes, protégés vers la terre par les collines des Camaldoli.
Leur nom dérive du grec ancien et signifie Champs brûlants, incendiés, significativement opposés aux Champs Elysées, séjour selon Homère et Virgile, des bienheureux, bien que faisant partie de l’Enfer. Les Anciens y voyaient, en effet, l’entrée de l’empire des ombres. L’Averne, synonyme d’enfer, prend son nom du lac Avernus qui se trouve au centre des Champs Phlégréens. L’Enéide célèbre et amplifie ce mythe en en faisant un des points les plus suggestifs de la littérature latine. Le choix de Virgile n’est pas anodin, compte tenu du caractère unique de ce lieu : ici le monde du dessous, le monde inférieur, se manifeste sans cesse avec ses forces les plus terribles.
Ce n’est pas un hasard si les Anciens voyaient dans les Champs Phlégréens l’endroit où les choses perdent leurs apparences habituelles et les limites entre le terrestre et le souterrain, la surface et la profondeur, le jour et la nuit, s’estompent et s’atténuent. […] La profondeur géologique devient ici profondeur visible du temps.
La mythologie grecque fait des Cimmériens, peuples habitant dans un monde nocturne de grottes et de cavernes, les premiers  occupants de cette région. Le lieu habité par cette population correspond aux reste de la ville de Cumes, une des plus anciennes villes de la Magna Graecia, qui doit aussi sa célébrité à  la Sibylle et à son antre mystérieux. 

A suivre...

 

Les Champs Phlégréens, mythes et réalité (1)
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Rédigé par Renée Frank le Mercredi 5 Novembre 2014 à 07:45 | Lu 192 fois