Le ruban de métal


Il est en métal, décrivant un grand S, affleurant le coteau en plein centre du village de Turquant (49). L’idée est de relier le bas du coteau au haut du sentier situé en haut du site, en bout du plateau viticole. Vous avez compris qu’il s’agit de l’escalier qui vient conforter le coteau et le village des Métiers d’Art et qui sera opérationnel fin mai.


Génese du projet

l'idée
l'idée

Pour le maire de la commune, Jackie Goulet, le projet s’inscrit dans la continuité des objectifs entrepris sur tout le village d’Art : la consolidation du coteau menée de front avec un vaste projet à caractère touristique. Un escalier existait à cet endroit, maintenant enfoui dans la mémoire du village. Jackie Goulet lui redonne une seconde vie et confie le fruit de son imagination à l’architecte Bruno Duquoc, déjà bien au fait du terrain : “l’idée de la grande lame d'acier rouillé, serpentant le long du coteau m’est venue d'un voyage dans le Lubéron, où ce matériau a été utilisé, pour aménager le « sentier des ocres » de Roussillon.” Facile à imaginer, encore faut-il trouver le financement et relever le défi technique. Deux marches à franchir.


Le financement

Les deux rambardes de chaque coté sont réalisées, avec des formes courbes, en panneaux d'acier de teinte rouille, pour donner l'image lointaine d'un écharpe ondoyant sur le coteau.
Les deux rambardes de chaque coté sont réalisées, avec des formes courbes, en panneaux d'acier de teinte rouille, pour donner l'image lointaine d'un écharpe ondoyant sur le coteau.

C’est chose faite : 180 000 euros, répartis entre les fonds Barnier (consolidation du coteau), les aides de la région (“petites cités de caractère”), du département (“villes et villages remarquables”) et la municipalité qui fait aboutir le projet.


Un défi technique

L'accroche au rocher se fait par des poteaux dans la partie basse et des consoles, en partie haute, consoles accrochées aux boulons de confortement du coteau.
L'accroche au rocher se fait par des poteaux dans la partie basse et des consoles, en partie haute, consoles accrochées aux boulons de confortement du coteau.

La complexité du projet est due à la hauteur (14 mètres) et à la difficulté d'accroche d'un escalier sur un coteau au relief très torturé. L'ouvrage est entièrement réalisé en acier, avec des séries d'enmarchements respectant le « pas » de 60 à 64 cms (2 fois la hauteur+ le giron), règle ancestrale, déjà appliquée empiriquement par les Egyptiens, 2000 ans avant notre ère ! 


Le ruban de métal

L’ensemble sera parachevé par la mise en place de tables d’orientation, du panorama et d’un circuit en boucle qui permettra de parcourir le village, des artisans d’art à l’église. Un exercice délicat, mais passionnant, pour le concepteur, le bureau d'études structures (BET Even), et pour les entreprises ACTS (supports et consoles) et SEM (structures métalliques). 




Rédigé par Patrick Edgard Rosa le Jeudi 5 Mai 2011 à 19:05 | Lu 776 fois