Le passé souterrain de l'île de Pâques

Investigations souterraines


Les têtes de Moaï de l’île de Pâques, située au large du Chili, nous sont familières, et nous savons que leur édification a probablement provoqué la déforestation de l’île… et la disparition du peuple des Haumaka au profit de leurs idoles. Un exemple souvent cité de l’inconscience et de l’ambition humaine. Ce que l’on sait moins, c’est que ces têtes ont des corps… enterrés.


Des staues qui tournent le dos à la mer

Les statues ont été creusées dans le tuf entre 1250 et 1500. Les monolithes ont été principalement extraits de la carrière de Rano Raraku. D’autres sont en roche volcanique (basalte, trachyte, tuf volcanique). D’un poids moyen de 14 tonnes, elles mesurent entre 2,5 et 9 m de haut. Les plus monumentales pèsent jusqu’à 80 tonnes. La plupart d’entre elles tournent le dos à l’océan. Certaines sont coiffées d’un chapeau en tuf rouge issu de la carrière de Puna Pau. Les iris rouges des yeux des statues sont en obsidienne ou en tuf volcanique, et le blanc des yeux est constitué de  corail. Dans les carrières, on trouve des statues inachevées ou en attente d’être transportées, parfois sur des kilomètres.

Dès 1914, les archéologues avaient détecté la présence du prolongement des corps des statues sous la terre. Mais faute de moyens techniques, de peur d’abîmer les roches ou de troubler la paix de ces divinités endormies, il aura fallu attendre presque un siècle, pour que, en 2012, le East Island Statue Project (EISP) se décide à excaver le corps de 90 des 887 statues répertoriées dans l’île. Les monolithes  excavés sont ensuite recouverts d’une sorte de verni destiné à les protéger de l’eau et de la corrosion.

Petrogryphes et messages secrets

En effet, les fouilles ont mis à jour le torse de statues de 7m de haut. Ces statues possédaient une fonction cérémonielle : leur dos est recouvert de pétroglyphes (gravures creusées dans la pierre) mystérieux. Certains représentent des vaka (pirogue), rattachés soit à l’artiste sculpteur, soit au groupe auquel appartient la statue. Certaines des statues excavées sont masculines, au torse musclé, et ont les bras croisés comme certaines divinités égyptiennes. Les femmes ont souvent le ventre gonflé avec les mains ramenées de part et d’autre du nombril.

Ces fouilles devaient permettre  de comprendre le rôle que les habitants de l’île attribuaient à ces statues. En fait, le mystère ne fait que s’épaissir.

La disparition de cette civilisation proche de celle des Incas , puis l'arrivée des colons, a été ensevelie aves ses rites les rites et gardera pour toujours ses secrets.

Victimes d'un cataclysme naturel ?

Les statues n’ont pas été délibérément enterrées mais ont été enfouies suite à un cataclysme naturel, comme un glissement de terrain, peut-être dû à la déforestation. Certaines ont aussi été retrouvées lors de fouilles sous-marines.
L’excavation a permis aussi de déterminer la façon dont elles furent transportées depuis les carrières sur des traîneaux en bois eux-mêmes tractés sur des rails en rondins tirés par des cordes, à la force des bras de 70 personnes… Quant aux élévations, elles se faisaient par des rampes de pierre en pente douce, par degrés successifs.
En plus des pétroglyphes dorsaux des personnages, sortes de tatouages rituels, on trouve un peu partout sur l’île avec des représentations de tortues, d’oiseaux ou encore de l’homme-oiseau. Quel message a voulu envoyer aux Dieux ou nous transmettre  ce peuple disparu ?
 
Voilà encore une destination à cocher dans la liste de voyage des Trogs…
 

L.T.
 

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Rédigé par Renée Frank le Dimanche 3 Juillet 2016 à 10:10 | Lu 294 fois