Le mystérieux Fort de Buoux

Mythes et réalités


Après avoir pris possession de notre logis troglodytique nous partons à l’assaut de la forteresse qui domine la vallée. Aïe aïe aïe! un parcours de près de deux heures de montée à travers nombre de vestiges muets et figés dans l’éternité. Parfois les fastueuses ruines romaines se rappellent à mon souvenir et viennent se superposer au cadre provençal. C’est que l’histoire du site remonte bien au-delà de la Haute Antiquité conserve bien des mystères. Mais la pierre parle toujours, particulièrement dans ce haut lieu du patrimoine du Luberon.


Réalité géographiques

Le Massif du Luberon est issu du plissement pyrénéo-provençal qui se produisit de la fin du Crétacé au début de l’éocène. Le territoire de Buoux, frontière entre Petit et Grand Luberon, est constitué de nombreux dépôts sédimentaire, éboulis et sables accumulés le long de la grande faille tectonique ou serpente en fond de Vallon, ‘l’Aiguebrun. Aux abords de Buoux, la couche supérieure du socle, en molasse gréseuse, est riche en fossiles de toutes sortes remontant au Miocène, ammonites, dents de squale.
Le franchissement du Luberon, peu aisé, est facilité par la Combe de Lourmarin et explique  en grande partie la présence de cet oppidum qui deviendra un haut lieu de défense et de protection du Luberon.

Réalités historiques et… préhistoriques

Les vestiges trouvés sur place et l’étude de la chronologie des constructions font penser à une occupation gallo-romaine du site, avec des restes de villae romaines, hypothèse contestée par certains chercheurs qui datent les premières fortifications du Moyen-Age.
Toujours est-il qu’à la fin de L’Empire, les populations se refugient dans les montagnes et les abris rupestres… et que le Fort jouera pendant plusieurs siècles un rôle militaire et défensif notamment durant les troubles  civils et religieux traversés au 16ème siècle. L’arrivée des Vaudois, d’origine piémontaise et calvinistes va exacerber les conflits, avec en point d’orgue la Révocation de l’Edit de Nantes (18 octobre 1685).
Le Fort s’inscrit petit à petit dans la mémoire collective mais s’inscrit aussi dans l’oubli, jusqu’au moment où Prosper Mérimée le célèbre : « Vers la fin du 16ème siècle il a été complètement démantelé. Comme type d’une fortification du Moyen Age, ses ruines sont intéressantes à étudier… »
Savait-il à l’époque que les habitations rupestres disséminées dans le fort et que les tracés des murailles peuvent faire naître l’oppidum entre l’âge du Bronze et  le 6ème siècle avant JC ?

Champ d’étude

Le Fort n’étant qu’accessible par trois points s’étend sur 600 mètres de long pour 80 mètres dans sa plus grande largeur. Nombres de vestiges jalonnent le parcours, des premiers abris sous-roches aux fortifications médiévales : citernes, villae, bastions, tours, escaliers dérobés, église… Arrêtez-vous à chaque pas, de nombreuses questions attendent encore des réponses. Il vous faudra compter deux bonnes heures pour ce parcours de santé particulièrement  enrichissant qui emmène nombre de chercheurs dans la protohistoire.

Mystères

En l’état actuel des choses, on peut seulement affirmer que c’est là que serait apparu le premier homme d’Apt, présent au Moustérien (Paléolithique moyen). C’est ce que tendent à prouver les cranes ossements retrouvés dans les couches sédimentaires, ainsi que les quelques outils remontant à l’âge de bronze.  Que reste-t-ilà découvrir de  « cet homme de l’âge de bronze, habitant du territoire, chasseur, pêcheur, de moins en moins sédentaire, qui s’abrite dans les anfractuosités de la roche, construit des murs de pierre sèche.. ? Les chantiers de sauvegarde et les archéologues nous délivreront-ils les  réponses ?  Les thèses vont bon train : druides, templiers auraient assidument fréquenté l’oppidum de Buoux dont on ignore encore si les silos à grains ne seraient pas des tombes individuelles, ésotérisme garanti. Les mystères sont là.

 
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Rédigé par Patrick Edgard Rosa le Samedi 22 Avril 2017 à 10:49 | Lu 111 fois