Le Protée, mythe et réalité


Mis Trog, dans sa rubrique réservée vous a fait découvrir Proteus. Quelques semaines plus tard, paraissait dans « Libération » un sujet sur le Protée… Faut il y voir un lien de cause à effet ? sans commentaires. Les trogs sont parfois sur l’avant crète de la vague. Revenons à nos moutons avec le légendaire « protée » qui, libéré par les médias jouit dorénavant d’une popularité éternelle.


Légendaire Protée

Protée (en grec ancien Πρωτεύς / Prôteús) est une divinité marine, révelée entre autres par Homère dans l’Odyssée comme « Vieillard de la Mer » et gardien des troupeaux de phoques de Poséidon. Il est doté du don de prophétie et du pouvoir de se métamorphoser. Le temps passe. 
Depuis l’antiquité, « l’éternel bébé » a hanté les abimes souterrains et l’esprit humain : Darwin, intrigué par ses caractéristiques, les paysans slovènes chez qui il a trouvé un refuge pour longtemps, mais aussi le maitre des postes de l’emperuer d’Autriche (1689) ou encore Joseph Nicolai Laurenti (naturaliste tyrolien) qui fera la première description anatomique du jeune dragon auquel il donne le nom de Proteus. En bref, le protée déchaine les passions. En 1948, est crée un laboratoire à Moulis, près de Saint Giron en Ariège où l’on peut trouver plusieurs bassins aménagés par le CNRS où vivent 200 protées sous haute surveillance. Pourquoi un tel intérêt ? C’est que le protée s’efforce d’en faire le moins possible pour vivre le plus longtemps possible.
Le Protée, mythe et réalité

Le vieillard de la mer (dixit Homère)

Le protée (appelons le proteus) est un vertébré. Il mesure une vingtaine de centimètres, pèse vingt grammes et peut vivre… 200 ans. Troglobie, il possède des branchies, une peau dépourvue de pigmentation. Il est aussi aveugle. Tout pour plaire et exciter la curiosité des chercheurs. Nous connaissions les trogloxènes (les animaux qui vivent habituellement dans les cavernes mais qui doivent sortir pour trouver leur nourriture comme les chauves-souris par exemple). Nous voila perplexes devant les troglobies, les animaux qui vivent uniquement en milieu souterrain. L’objet d’étude décourage les chercheurs, avec ses cinq minutes d’activitè quotidienne et son rythme biologique étonnament  long. Mais les études sont relancées avec l’interêt porté par l’effet des perturbations environnementales sur la faune et la flore. D’autant qu’une autre espèce est en vogue, le protée noir qui pourrait bénéficier des dernières techniques d’investigation mises en place à Moulis.
Mis Trog ne manquera pas pour les siècles à venir de vous tenir au courant des progès de l’enquète. En attendant, longue vie à Proteus !


Rédigé par Patrick Edgard Rosa le Mercredi 27 Avril 2011 à 21:04 | Lu 1016 fois