La cueva de Tatti


Peu de temps après notre arrivée à Guadix, nous rencontrons le voisin immédiat en tenue de travail et qui pénètre vivement à l'intérieur de sa cueva en ce jour de Noël, pourtant férié. J’assiège un moment la demeure jusqu’à ce qu’il ressurgisse. "Hola, Buenos dias!" et c’est parti…


L’achat

La cueva de Tatti
Avant de se lancer dans les travaux de restauration, encore faut il acquérir une cueva. Tatti en a hérité d’une cave située au confins de ce « barrio troglodytico ». La municipalité les a toutes recensées. Derrière, en me promenant sur les collines d’alentour, j’ai pu découvrir nombres de ces cuevas abandonnées, mais recensées, qui attendent une réhabilitation  éventuelle de leurs propriétaires. Tout, bien sûr, est à faire.
 

Labeur et patience

La cueva de Tatti
Tatti est dans une situation professionnelle difficile, aussi a-t-il décidé il y a un an de restaurer sa cueva. Il a entrepris ce long travail de fourmi il y a déjà deux ans et, petit à petit, l’oiseau fait son nid. L’espace s’agrandit, aussi bien à l’extérieur presque entièrement accessible qu’à l’intérieur où tout reste à faire. Tatti est patient, il pense qu’il lui faut encore presque deux ans de travail avant d’ouvrir son gîte rural à la location.

« Mes subventions se sont mes bras ! »

La cueva de Tatti
Lorsque je lui demande s’il a recours à des subventions, un petit sourire se dessine sur ses lèvres : « mes subventions, ce sont mes bras!». il vient travailler ici tous les jours, branche l’éléctricité chez le copain-voisin. Son fils, dès que nécessaire, vient l’aider. Il faut déjà acquérir les matériaux, le ciment, placer, déplacer les échafaudages, penser à la toiture végétale, établir les rigoles pour éviter le ruissellement indiscipliné qui peut se révéler catastrophique en cas de forte averse.
 

Savoir-faire

La cueva de Tatti
Tatti est incollable. ici l’argile, là un peu de ciment (pour consolider une paroi fortement affaiblie). Les voûtes sont réalisées dans la brique du pays. Tatti sait tout faire. En deux jours, la voûte d’une pièce intérieure est montée, avec habileté et patience. Deux des cinq pièces sont déjà assainies.
Point d’architecte ici, mais Tatti a bien réfléchi à son affaire : son gîte restauré pourra accueillir deux couples au minimum.
Le tout sera réalisé dans le respect des règles de l’art.
« Tu reviendras ici pour voir quand ce sera terminé », me fait-il promettre...


Rédigé par Patrick Edgard Rosa le Samedi 21 Janvier 2012 à 06:59 | Lu 557 fois