L’ocre se décline en troglo…


C’est l’automne. Christophe Léotot, me r’file quelques images genre « débrouille-toi avec ça… » comme il a l’habitude de le faire. Cet éminent spécialiste de la roche, du coteau, incollable en géologie appliquée (à notre territoire, mais pas seulement) est … une mine d’or. Et là, il m’indique le cap d’une prochaine destination. Il va falloir que je deale avec Air France, la sncf ou Total. Bref, on va y aller un de ces jours, nous les Trogs. Moins cher que le Colorado ou le Sahara à portée de main…L’ocre est là, qui nous attend.


Le Colorado provençal : Rustrel

C’est un petit village du Vaucluse, situé à 400 m d’altitude au pied du plateau d’Albion, en plein cœur du Parc naturel du Luberon. Le village est dominé par un château du 18ème siècle. Au sud, il est bordé par les fameuses carrières d’ocre surnommées le Colorado provençal.
Les anciennes carrières d’ocres s’étendent sur une superficie de plus de 30 hectares et offrent de magnifiques paysages tels que l’on peut observer au Sahara, en Cappadoce ou encore au Sahara.
C’était il y a deux cent trente millions d’années. Les ocres (du grec okhra, terre jaune) issues de dépôts sédimentaires, de sables colorés en vert (la glauconie), altérés par de fortes pluies et la présence de géothite sont riches en hydroxyde de fer et offrent une palette de couleurs allant du jaune au rouge.
L’ocre se décline en troglo…

Un village de fer

L’industrie du fer se développe de 1832 à 1885 avec la présence de hauts fourneaux. L’ocre vit son heure de gloire. En 1900 10 chantiers produisent 20 550 tonnes. La production culmine en 1925 avec 40 000 tonnes.
Les qualités des ocres sont multiples : fort pouvoir colorant et couvrant, grande miscibilité, absence de réaction avec les chaux, ciments, silicates, prix de revient peu élevé. Ses utilisations sont diverses : colorant alimentaire, nombreuses applications médicales et cosmétiques, peinture, imprimerie, bref un pigment naturel hors norme. Mais il ne résistera pas à la concurrence des colorants artificiels et des produits de synthèse qui provoqueront rapidement dans la seconde moitié du 20ème siècle l’arrêt de la production industrielle. Aujourd'hui revivent heureusement des productions artisanales.
L’ocre se décline en troglo…

Habitations troglodytiques ?

Il faut chasser les troglos ça et là pour découvrir nombres de villages perchés sur cette partie du Massif du Luberon pour y dénicher des habitats transformés, des lieux de production notamment d’huile, ou encore comme le village de Sivergue ou la falaise à proximité du village, qui abrite un ensemble troglodytique habité jusqu’au 17ème siècle. Apt, Gordes, Oppède vous attendent ainsi et vous réservent quelques surprises…
 
Photos Christophe Léotot.


Rédigé par Patrick Edgard Rosa le Samedi 24 Septembre 2011 à 20:19 | Lu 354 fois