L'art troglo... rupestre


Si Matera possède un patrimoine troglo continu depuis le paléolithique, la cité recense nombre de sites rupestres, incontournables pour qui veut comprendre le développement de la cité. Disséminées dans la ville et ses alentours, elles attestent d’une vie spirituelle et religieuse importante. Lors de notre périple, nous avons pu en repérer quelques-unes dont nous vous livrons de silencieuses images.


Art rupestre, art pariétal

L'art troglo... rupestre
Art rupestre : l’expression désigne l’ensemble des créations picturales réalisées par l’homme à même la pierre. L’Art pariétal lui est opposé aujourd’hui comme l’Art sur parois des grottes. Cette forme d’art voit sa naissance  dans la période préhistorique. En Chine, la naissance peut remonter à – 30 000 ans.
"Art" le terme est quelque peu trompeur, le plus souvent, ces gravures et ces peintures n'ont pas grand chose d'artistique et elles ne véhiculent aucun principe universel. Mais, artistiques ou non, cette imagerie a une grande importance pour les historiens, préhistoriens et anthropologues qui tentent de les dater et de découvrir leur raison d´être.
Matera et sa région, où l’habitat « troglodytique » remonte au paléolithique, possède pas moins de 130 lieux de cultes recensés dont la plupart sont visitables.

Art vivant

L'art troglo... rupestre
C’est le moins que l’on puisse dire. Face à ces habitations muettes d’un passé jugé encore « honteux » dans la conscience collective, encore désertées pur un grand nombre, disons en attente de restauration, les églises rupestres donnent de la voix, du ton, de la couleur et du sens : autant de signatures apposées par différentes cultures, j’irai jusqu’à dire, « les bandes dessinées de l’époque ». Elles demeurent, à portée de vue, fragilisées, sensibles, mais jusqu’a présent durables, au sens propre du terme.

Art témoin

L'art troglo... rupestre
Elles ont traversé les époques et accompagnent le développement de la ville. Les invasions successives laissent trace de leur passage, dont les Bysantins. Au Moyen-Age, les petites communautés monastiques et laïques qui ont largement contribué au processus d’urbanisation, continuent de creuser des grottes pour en faire des lieux de prières. Ainsi les immigrants venus de la Cappadoce, de la Syrie, de l’ensemble de l’Asie Mineure qui avaient perdu la possibilité de célébrer leur culte, se réfugient dans ces grottes, devenues rapidement des lieux de prière. L’art rupestre envahi le territoire et la cité : les deux centres urbains, Sasso Caveoso et Sasso Barisano s’enrichissent au  14ème et 15ème siècles d’églises, d’édifices et de monuments à l’intérieur même des fortifications de Matera.

Quelques lieux repérés

L'art troglo... rupestre
Si d’aventure vous glissez vers Matera, nous vous conseillons vivement quelques destinations.
Le Convicinio di Sant’Antonio se trouve à l’intérieur du quartier Casalnuevo, au début du Caveoso. L’ensemble rassemble quatre églises dans lesquelles peuvent se dérouler des expositions d’art contemporain.
A ne pas manquer : Madonna de Idris, San Giovanni in Monterrone, ou encore la Madonna delle Virtu…
Et inévitablement vous arrivez au Parco de la Murgia (le chiese rupestri del Parco della Murgia Materana et là vous tombez sur Paolo Montana et sa compagne MariaTeresa Barbaro qui saura vous faire découvrir quelques écrins cachés dans le Parc. Il y a notamment San Pietro in Principibus et la Madonna delle Tre Porte, inoubliables. Les Trogs vous en causeront plus longuement, bientôt.
 
A suivre…


Rédigé par Patrick Edgard Rosa le Mardi 20 Mars 2012 à 05:26 | Lu 484 fois