L’art du vin en troglo, Santorin


Carnet de séjour 5 : la culture du vin tient une place importante sur l’île de Santorin et n’a rien à envier à nos contrées par sa tradition et le dynamisme touristique qui s’en dégage. Les sous-sols de Santorin révèlent de nombreuses caves à vin, au service d’un terroir riche et d’une culture de la vigne très particulière, due au manque de pluie et à la force du vent.


Comment des moines du Languedoc ont apporté la Dive bouteille à Santorin

L’art du vin en troglo, Santorin
Le WINE MUSEUM , situé sur le site de vinification de l’exploitation de la famille Koutsoyianopoulos,  est une étape intéressante sur la route qui conduit à la plage de sable noir de  Kamari. Halte de fraîcheur dans la fournaise de l’été grec,  il présente de manière très pédagogique  la tradition de la culture de la vigne et la méthode de vinification de Santorin. Un audioguide de 24 stations à travers le dédale des caves raconte l’histoire de la vigne, agrémenté de scènes vivantes grâce à de poétiques automates. L’entreprise familiale fut fondée par deux frères  en  1870, débarqués par hasard sur cette île,  carrefour commercial sur la route entre l’Egypte et la Crète. Si la culture de la vigne à Santorin est datée de plus de 2000 ans avant J.C., ce sont des moines venus du Languedoc  en l’an 1660 qui y  ont apporté les premières presses à raisin. Le foulage aux pieds est cependant resté pratique courante pendant des siècles. Effectués la nuit dans les caves, ces travaux collectifs étaient l’unique occasion pour les jeunes filles de sortir de la maison et de trouver un fiancé à l’époque des vendanges.

Santorini, l’île où les paniers poussent dans les champs en hiver

L’art du vin en troglo, Santorin
Particularité de Santorin, la vigne est taillée en rond, en couronne, qui fait ressembler les plantations à des champs de panier. L’émondage laisse trois bourgeons orientés vers l’intérieur du cercle au ras du sol, afin de résister aux vents, mais aussi de puiser au maximum l’humidité par les racines, sur ce terroir cruellement privé de pluie. Le sol était labouré trois fois par an avec une charrue dont le soc ne s’enfonçait que de 12cm pour ne pas couper les racines. Excellents marins, les Santoriniens étaient aussi charpentiers et fabriquaient des bateaux et des tonneaux de 10  à 3400l, avec du bois importé d’Odessa (ancienne URSS, Ukraine). Le vin était transporté à dos d’âne dans des outres en peau de chèvre et exporté dans des paniers fabriqués par des vanniers installés dans des caves. La pratique de l’embouteillage ne date que des années 1970 et a été adopté avec beaucoup de méfiance. Le vin était exporté une fois par an au printemps  vers le port d’Odessa dans l’ancienne Russie depuis le port de Fira, la capitale.

Où l’on apprend que le Raki est en fait une potion médicinale

Produit par distillerie, le fameux raki servait à l’origine de désinfectant  et de panacée. D’où son goût amer de médicament diront  les mauvaises langues. Si vous aimez les vins sucrés en revanche, vous serez sûrement charmé par le Vissanto, gorgé de soleil, dont le raisin est laissé 14 jours à mûrir sur les terrasses, puis laissé 2 à 4 ans en barrique. Plus classiques dans nos goûts, nous avons préféré tester pour vous
les blancs et les rouges de Santorin. Pourtant amateurs de rouge en général, nous recommandons vraiment l’excellent  blanc sec, servi dans les tavernes de l’île, accompagné de quelques olives…

Pour finir, un exemple des animations qui jalonnent un parcours de plus d'une heure. Des marionettes mécaniquent retracent l'histoire de la vigne, dans des caveaux agrémentés de fresques peintes.


Rédigé par Patrick Edgard Rosa le Dimanche 10 Juillet 2011 à 06:17 | Lu 702 fois