Jacques Warminski et son oeuvre


Nous poursuivons la série de reportages consacrée au Gennois, avec en toile de fond, Jacques Warminski et son oeuvre, un des phares du patrimoine local. Lorsque nous sommes arrivés dans la région, il y a douze ans, c'est la première "visite" que nous avons entreprise sur le territoire. Nous avons tout naturellement été séduits, en nous enfonçant dans ces volutes souterraines. Ce sujet sera suivi d'interviews sur un personnage qui reste énigmatique à nos yeux.


Le monde de Warminski

Jacques Warminski et son oeuvre
Le sculpteur de l’Hélice Terrestre est né en 1946. Il décède en 1996. Les informations à son sujet restent discrètes : il fut formé à l’Ecole Boulle et le monde souterrain le passionnait. Nous attendons quelques témoignages de quelques-uns de ses amis et compagnons de route qui vous seront divulgués prochainement. En attendant voici quelques traits de caractères qui sont dévoilés par un de ses proches, journaliste de métier, Claude Arz : ‘« Écoute le vent, mon gars, écoute le chanter dans les câbles ». Jacques Warminski parlait toujours d’une voix rauque, chaude, ses yeux de doux  géant fixé sur moi. J’écoutais et la mélodie du vent glissait douce, tournant autour de nous, parfumée de bruyère des champs. Quand je l’ai rencontré, il matérialisait le son du vent avec des bolducs au-dessus de son jardin troglo pour créer disait-il « une harpe éolienne ». C’était au printemps 1989. Il faisait chaud et on a bu un petit vin d’Anjou. Peut-être un peu trop.
Il creusait la terre comme un sanglier, toujours avec force et rage comme les premiers habitants de la terre. Lui qui s’était donné pour tâche héroïque de sculpter la terre, il transforma ainsi un petit hameau troglodytique, en un monumental espace d'arts plastiques. En fait je crois qu’il avait dans la tête le projet fou d’édifier une termitière humaine.

À chaque printemps, les retrouvailles étaient toujours chaleureuses.. « Alors, Claude, on vient prendre l’air chez Warminski. Regarde, le boss, regarde le comme il avance. » Et c’était vrai, l’œuvre progressait vite, moins vite qu’il n’aurait voulu sans doute. Il marchait toujours à grandes enjambées poussant sa grande carcasse toujours plus profond dans les nouvelles cavernes qu’il creusait avec frénésie. Il s’arrêtait de temps en temps et lançait : « T’as vu la lumière saumonée qui balaye les champs ? T’as vu ? »
Le sculpteur mettra quatre ans à terminer son œuvre, aidé d’amis, d’aides, de jeunes tailleurs de pierre, ainsi David Pépion (l’Andécave), fortement marqué par Warminski.

L‘Hélice Terrestre et le Patrimoine

Jacques Warminski et son oeuvre
Lorsque vous pénétrez dans la carrie centrale, vous découvrez tout d’abord de vieilles demeures réaménagées avant d’accéder par le bas dans l’Hélice. De vastes entrées sur la gauche vous invitent à un merveilleux voyage souterrain, parois sculptées de toutes parts, labyrinthe, dédié à la pénombre et à l’obscurité de la nuit. Aux formes concaves souterraines, s’opposent les formes convexes de l’archisculpure ouverte à la lumière et au soleil. Un amphithéâtre peu ordinaire semble défier le temps.
Interrogé par son ami, Warminski s’exprime  « Un jour, je lui demandais : « Tu fais quoi au juste ? » Mystérieux, il me répondit : « Une hélice terrestre » Le nom était lâché. Une hélice terrestre !. Il aimait les mots colorés et étranges, les assemblages composites. L’hélice terrestre m’évoquait à la fois des décors de films fantastiques et des architectures primitives. Warminski avait une conception très sensuelle de l’art . Il me répéta souvent : « Tu vois, fils,  dans mon hélice on peut s'asseoir, se coucher, se rouler, manger sur les formes de l’Hélice terrestre. Le corps épouse les alvéoles, se love à l'intérieur comme un fœtus dans son ventre ».
 

Le temps marque son empreinte

Jacques Warminski et son oeuvre
Le lieu est devenu au fil des années un centre d’expression culturelle, très ouvert : nombreuses sont les animations à l’initiative de Bernadette sur laquelle repose le site. Elle porte ce dernier à bout de bras.Mais le temps marque son empreinte : « L'Hélice Terrestre, c'est le site d'une structure bizarroïde, creusée dans le tuffeau et surmontée d'un chapeau de sculptures et moulages en béton. Souterrain situé à Saint-Georges-des-Sept-Voies, lieu-dit L'Orbière. Le sculpteur Jacques Warminski y a travaillé durant 4 ans. Si le lieu ne manque pas d'imagination, on voit bien par contre que le temps mange et grignotte. Les angles sont rognés, le béton souffre du gel et des mousses. »
Elément incontournable de notre patrimoine, le site demanderait à être soigné, restauré.
A suivre

Balade chez Warminski

Les Trogs après la minute trente de Tony, vous font découvrir ou redécouvrir l'Hélice

Un site fragilisé par le temps

Jacques Warminski et son oeuvre


Rédigé par Patrick Edgard Rosa le Mardi 6 Novembre 2012 à 06:20 | Lu 935 fois