Isla Gran Canaria, Les Guanches, hors des cartes et du temps

Des troglos, en veux tu en voilà ! (3)


Le mystère persiste et demeurera peut-être enfoui à jamais. Quelques sites dont les Cuevas del Rey gardent des traces fragiles de leur passage, côtoyant tags et graffitis envahissants et destructeurs. L’ ethnie semble s’être diluée dans le processus de la colonisation. Les hypothèses vont bon train concernant leur origine. Qu’en reste-t-il aujourd’hui ?

Le voile demeure sur cette culture découverte à partir d’anciens textes. Subsistent des milliers d’inconnues et d’interrogation sur ces communautés qui ont vécu bien avant la conquête des Canaries par la Couronne de Castille.


Guanches et Berbères

Diverses thèses ont été élaborées sur les origines des aborigènes. Selon le cas, ils descendraient des Vikings, des Grecs, des Romains, des Phéniciens, mais aussi des Carthaginois, des Egyptiens, des Libyens ou des Berbères. Cette dernière hypothèse est la plus plausible.
C’est l’homme de Cromagnon (découvert en 1868, en France) qui est le fil directeur : on le retrouve dans les inhumations en Afrique du Nord et … aux Canaries.
L’étude comparative des langues respectives fait apparaître de grandes similitudes. Sabino Berthelot dans son livre relève « adeje » (vallée, commune) chez les Guanches, « adejad » tribu berbère marocaine. La liste est longue.
Espinosa se référant à leur origine relate : « Parmi les possibiités… la mienne est que les Guanches sont africains et que leur descendance provient de là-bas, en raison de la proximité de ces terres, de la similitude entre leurs coutumes, leur langage… Ajoutons à cela les mêmes aliments tel que le gofio (plat populaire national des canaries), le lait, le lard... »
Pour conclure, les parallèles entre Berbères, Libyens et Guanches sont nombreux, dans l'utilisation de l’habitat, dans l’alimentation,mais aussi dans la façon de travailler la céramique, dans l’alimentation. « Il n’est nullement besoin de rétrocéder à l’époque préhistorique pour comparer cette forme de vie avec celle appelée culture des grottes Nord Africaine » (Gonzalez Anton y Tejera Gaspar, « Los aborigenes Canarios »).

Les Guanches aujourd’hui

Nul doute quant à la présence des Guanches aujourd’hui, ne serait-ce que de subtiles nuances qui les différencie des Espagnols. Les intonations, les attitudes qui font penser à l’Amérique latine. Autant d’éléments qui laissent filtrer un « ailleurs » : Cuba, le Vénézuela (considéré comme huitième île). Lorsque Christophe Colomb préparait ses expéditions outre Atlantique, il emportait avec lui des Guanches déshérités, dont certains revinrent s’installer sur leurs terres d’origine. Colonisation forte certes, mais résistance en douceur : le caractère guanche est bien présent. A nous d’y prêter attention.
Si chercheurs, historiens, et archéologues poursuivent leurs efforts, la promotion culturelle et touristique revalorisent ce passé mystérieux. Lorsque l’on traverse les îles, leur ombre est attachée à chacun de nos pas. Elle s’endort dans les nombreuses cuevas, lieux de vie et symboles de résistance.
L’ouvrage de José Luis Conception s’est attaché à dresser un état des lieux qui fait un point sur nos maigres connaissances : « Les Guanches qui ont survécu et leurs descendances »

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Rédigé par Patrick Edgard Rosa le Vendredi 2 Septembre 2016 à 06:36 | Lu 158 fois