IRON MOUNTAIN : radioscopie d’une success story


Avez-vous déjà entendu parler de la compagnie de traitement et de conservation des informations IRON MOUNTAIN ? Le logo de l’entreprise, qui représente un petit triangle bleu symbolisant une montagne de fer est aujourd’hui un business florissant dans le monde. Son fondateur interrogé par le Wall Street journal en 1952 affirmait : « le business pousse comme un champignon… »


De la culture du champignon aux données informatiques

illustration photographique récupérée sur le net
illustration photographique récupérée sur le net
Herman Knaust, le fondateur de la firme, surnommé «  le Roi du champignon » par ses pairs, fait fortune après guerre dans la culture du champignon. En 1936, il achète une mine de fer  abandonnée et 40 ha de terre  pour 9000 dollars et faire prospérer son affaire. Mais dans les années 1950, le marché du champignon s’effondre ( cela vous rappelle quelque chose ?), et le génial visionnaire reconvertit ses kilomètres de caves en … espaces d’archivages archi sécurisé. L’idée lui est venue en côtoyant des familles juives immigrées arrivant aux Etats Unis en ayant tout perdu, jusqu’aux traces de leur identité, mais aussi face aux risques de guerre nucléaire à l’époque de la Guerre Froide. Il ouvre un bureau dans l’Empire State Building à New York  : la tête dans les nuages  et les pieds sous terre, n’est-ce pas cela, en somme, la clé du succès? Son premier client est la East River Bank, bientôt suivie de départements d’Etat stratégiques : fichiers de la sécurité sociale ; secrets militaires ; documents officiels, puis archives d’entreprises privées sont stockées dans les couloirs de la mine. Bientôt, celle-ci n’est plus suffisante, et Iron Mountain achète des carrières de craie (cela ne vous rappelle toujours rien ?) pour faire fructifier et diversifier ses activités.

Où mon amie archiviste se prend pour une James Bond Girl

Si  je n’ai pas moi-même visiter ce site hors normes, j’ai bénéficié du témoignage d’une amie archiviste ayant pénétré dans les entrailles de la Montage de Fer. De nombreuses videos sont d’ailleurs disponibles sur internet : un lieu secret en Pennsylvanie au milieu de nulle part, sans aucune indication de direction ou d’accès. Soudain un immense parking en rase campagne, et une entrée fortifiée comme un bunker avec gardes armées, cameras de video surveillance, portes d’acier et sas de sécurité. Un peu flippant, semble-t-il…  Après avoir montré patte blanche (aucune visite touristique n’est autorisée), vous circulez dans de petites voiturettes de golf qui s’enfoncent dans les entrailles de la montagne. De chaque côté des tunnels, des portes blindées, surmontées par un fronton indiquant le locataire des lieux : les studio  Walt Disney ou l’agence de photo Corbis, le  Health Care department avec le drapeau américain… Certains tunnels s’enfoncent dans la pénombre, laissant présager des kilomètres de galeries encore non utilisées. Une véritable ville souterraine, futuriste, ou plutôt hors du temps, dotée de puissants outils de numérisation et de lecture de l’information. Un  décor de cinéma où vous vous attendez à voir surgir James Bond en smoking de soirée  derrière une rangée d’armoires métalliques, prêt  à sauver la planète d’une catastrophe imminente. Détail familier cependant, vous retrouvez dans les salles d’archives  nos bonnes vieilles  armoires grises en fer de nos administrations provinciales…
 
Et pourquoi pas chez nous ?
La firme est ensuite sortie de ses caves et a développé ses activités  « de plein air ». Aujourd’hui, Iron Mountain, c’est plus de 20.000 employés dans 35 pays, sur 5 continents, 3 milliards de chiffre d’affaires en 2009, 140.000 clients, avec des activités diversifiées, toutes liées au traitement et à la sécurité de l’information. Alors, je me dis : « pourquoi les success story seraient réservées aux businessmen américains ou aux tycoons chinois ? » Nos dirigeant locaux se grattent la tête en lançant des projets de PRI ( plateforme régionale d’innovation) pour faire revivre les champignonnières désaffectées.  J’avais déjà suggérer de créer en caves des zones blanches pour les personnes sensibles aux ondes électromagnétiques. Je leur propose aujourd’hui de prendre contact avec  Monsieur Iron Mountain France qui existe. Ses coordonnées sont sur le site www.ironmountain.fr. Je suis prête à prendre des actions dans l’affaire ! A bon entendeur, salut !
 
Lady Trog
 
http://www.jstryker.com/jess/jess-stryker.htm.


Rédigé par Renée Frank le Mercredi 20 Juin 2012 à 05:28 | Lu 480 fois