Grottes de Naours, grottes à tout faire

Souterrains refuges


Point n’est besoin d’aller en Cappadoce ou en Chine, pour trouver des vestiges de souterrains refuge. Ici en France, nous avons Naours, situé à proximité d’Amiens, ville désormais tranquille mais au passé tourmenté.


Site défensif durant les guerres, souterrain refuge durant les périodes d’invasion, pillé, oublié, Naours défend désormais les vestiges de ce passé enterré, aménagé et visitable. Votre curiosité sera comblée au cours de la visite guidé par un audiophone, témoin de ce passé tourmenté.

C’est en 1881 qu’Ernest Dénicourt, curé de son état entreprend la recherche du site dont les entrées s'étaient rebouchées dès le début du siècle. Il y redécouvre l'entrée de la ville souterraine avec l'aide de ses paroissiens et se consacre à l'exploration du réseau et à sa remise en état. Pour une fois ce qui n’est pas monnaie courante, il met la main sur quantité d'objets usuels qui lui permettent d'en dater l'occupation, ainsi que des ossements de toutes espèces et de nombreuses pièces de monnaie.

Ces grottes-refuges ou muches ou encore cachettes en picard comprennent 28 galeries sur lesquelles sont réparties environ 130 pièces, à une profondeur moyenne de 33 mètres sous la colline. La hauteur des galeries varie entre 1,60 m et 2 m ; la température y est pratiquement constante tout au long de l'année, à 9,5 °.
La partie carrière commença probablement à être creusée vers le Xe siècle, puis fut aménagé en refuge (16ème siècle) pour les villageois au moment des invasions, notamment la guerre de 30 ans.
Sous Louis XVI, elles permirent aux contrebandiers  d’échapper à la Gabelle (impôt sur le sel).
Le temps des invasions s’estompa, les grottes tombèrent dans l’oubli jusqu’aux deux conflits mondiaux du 20ème siècle où elles furent réactivées, redevenant… défensives (dépôts de carburant, hôpital, munitions…)

Dès 1949, les grottes de Naours sont réouvertes au public. En fin de visite du réseau souterrain, un petit musée présente les métiers d'autrefois autour de 14 personnages de cire dans leur environnement typique.
Le site pouvait abriter près de 650 personnes. Tout au long des galeries se trouvent les chambres des différentes familles. On y repère aussi des étables avec les auges, les puits pour l'eau, les cheminées d'aération et les cheminées à fumée qui ressortaient dans celles des maisons, des places. Un peu partout sur les parois on trouve des inscriptions, signes religieux…  avec des dates s'échelonnant de 1340 à 1792.


cf aussi article 1793 sur Les mouches de Naours, puisque c'est ainsi qu'on nommait ces sites souterrains dans le langage des Chtis.
 
Venez découvrir cet immense site souterrain creusé dans le calcaire du plateau Picard, remarquablement organisé et reconnu comme l’un des plus vastes du Nord de la France.
Cité souterraine de Naours
5 Rue des Carrières, 80260 Naours
http://citesouterrainedenaours.fr
 
Alors !  Existe-t-il encore des souterrains refuges « contemporains » et en activité ?
Vous le saurez en restant à l’antenne du Portail des Troglonautes avec un sujet traitant du « Peuples des rats »… à suivre !
 
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Rédigé par Patrick Edgard Rosa le Vendredi 27 Mai 2016 à 09:19 | Lu 233 fois