Fuyihe pour toujours


Cela fait maintenant dix ans que je fréquente assidument ce lieu magique pour moi. Il fait désormais partie intégrante de mon univers. Mon dernier séjour remonte à l’été dernier, lorsque je retrouve mon ami, mon frère ou mon père, je ne sais, Maitre Guo.
Une fois de plus, je retourne là-bas pour me ressourcer dans les eaux boueuses du Huang He, alias le Fleuve Jaune, un ami au long cours.


Soudain un train

Fuyihe pour toujours
C’est par le plus grand hasard qu’en remontant du Yang Tsé Kiang (Fleuve Bleu) que je rencontre une jeune institutrice qui m’emmenera à la découverte d’un de ces villages qui peuple la Chine continentale au bord du Huang He : Fuyihe, petit cul de sac adossé au grand fleuve. J’y rencontre celui qui deviendra un frère, un père, maire du village, Guo ru bin. Point d’électricité, ni eau courante à l’époque, le progrès semble s’être arrété dix kilomètres plus haut au village intermédiaire de Xiaocheng qui surplombe les méandres du Fleuve. Une pagode a été érigée à ce point prècis ou la légende affirme que la symbolique du Ying et du Yang seait née là.
Le village vit essentiellement de la culture du Jujube qui s’exporte à travers toute la Chine. Cinq cent âmes se partagent entre les champs et le village-rue où les vieux veillent sur les jeunes lorsqu’ils ne sont pas à l’école.

Dix ans après

Fuyihe pour toujours
Le temps s’est toujours arrété à l’entrée du village qui n’a pas changé, émacié, comme le visage de Guo ru bin, toujours aussi inaltérable. Le progrès s’est infiltré, eau, electricité, portable et tablettes commencent à sévir. Mes roses trémières se portent à merveille; le fleuve s’écoule toujours aussi sauvagement et ma chambre (khong) est toujours aussi accueillante. Guo, toujours aussi présent et attentif est monté de Yanchuan (deux heures de route) spécialement pour l’occasion. Il vit à yanchuan, dans un immense appartement avec sa femme sa fille et son gendre, et joue son rôle de grand-père. Lors de la récolte du jujube tous remontent dans la ferme familiale qui retrouve comme tout le village une intense activité.
Quand à la frontière de la modernité elle s’est arrétée À la Pagode et à Xiaocheng ou a été implanté un gigantesque complexe troglo-touristique qui accueille nombre de cars chinois. Jusque là la route a été en partie macadamisée, sauf dans les virages, abrupts, demeurés empiérrés. Pour rejoindre Fuyihe c’est la piste en terre qui prédomine…

L' autre bout du monde

Voila mon modeste paradis, protégé par son enclavement et par les tourbillons rugissants du grand fleuve. Je vous propose de le redécouvrir ici et dans sa version plus longue sur : http://www.dailymotion.com/video/xud7ib_5-troglonautes-voyageurs-underground-episode-5-saison-1-fuyihe-l-autre-bout-du-monde_travel#.UNAawLZP3rp
 Et sur le portail, si vous voulez en savoir plus quelques articles dont “Troglos de Chine” et suivants.

Fuyihe pour toujours

Fuyihe pour toujours


Rédigé par Patrick Edgard Rosa le Vendredi 14 Décembre 2012 à 06:52 | Lu 189 fois