Faire carrière dans le « tufo »


Qui dit habitat, dans le « tufo » dit également extraction. Quelques carrières survivent, se développent et se transforment. C’est ce que nous examinerons aujourd’hui.
Lorsque vous sortez de Matera et prenez la route en direction de l’entrée du « parco de la Murgia » vous aurez l’occasion de longer quelques entreprises d’extraction, d’aspects souvent vétustes. Si quelques-unes sont abandonnées, d’autres sont particulièrement actives. Le temps qui nous était imparti ne nous a pas permis de rentrer en contact avec les entreprises. Néanmoins, nous en avons repéré un certain nombre. Alors en attendant de pousser nos recherches… nous avons laisser le lyrisme s'envoler devant tant de beauté.


Projet de réaménagement, un amphithéâtre naturel

Faire carrière dans le « tufo »
Juste à l’entrée du Parco de la Murgia, une carrière à ciel ouvert va sans doute subir quelques transformations. Pour l’instant, il s'agit d’un projet architectural ayant pour objet de réhabiler les lieux et d’en faire un espace dédié à certains évènements culturels. En attendant la réalisation de ce projet de grande ampleur, financé en partie par des investiseurs privés, herbes folles, et arbres ont trouvé un repaire des plus tranquilles. Une forêt de conifères a poussé dans ce vaste carré minéral. Pressé de sortir de leur cage de pierre, leur cîme dépasse étrangement, tendues vers le ciel. J'imagine déjà Bartabas ou Arianne Mouchkine présentant leur spectacle comme dans les carrières de Boulbon à Avignon...

Une carrière active, ou l'oeuvre d'un géant?

Faire carrière dans le « tufo »
En poursuivant notre route à l’intérieur du Parco , nous longeons sur notre gauche une carrière pas immédiatement visible à l’œil nu. Un muret d’enceine d’une petite hauteur de 1,50  enserre et protège la carrière, sorte de vaste quadrilatère d’une bonne soixantaine de mètres de profondeur. Au fond, des blocs de différentes tailles sont entreposés rigoureusement en attendant d’être livrés.  Les falaises sont striées par la coupe  sur toute la hauteur. Laissons s'envoler notre imagination devant ce paysage immaculé, éblouissant sous le soleil du Basilicate. Ce décor de perspectives, de lignes de fuite, de verticales vertigineuses et de cubes superposés semble l'oeuvre d'un géant épris de géométrie. Caché la nuit dans son antre, il sort la nuit pour accomplir son oeuvre de pierre. Ne s'agit-il pas du cyclope de Matera que Mister Trog aurait aperçu sur la lande la Murgia à la tombée de la nuit?

Le Parco de la Paloma, un hommage à Héphaïstos

Faire carrière dans le « tufo »
Au premier coup d’oeil, de gigantesques sculptures de métal vous interpellent, celles-ci de la main de l'homme. Le portail du Parc de la Paloma est entrouvert . il permet au public de pénétrer dans l’enceinte de ce lieu dédié au dieu de la ferronerie, Héphaïstos. Pour les plus généreux, une boîte à lettre recueille les contributions pour l’entretien du lieu.
Le paysage culturel géologique et anthropologique du parc, réalisé dans une carrière de tuf abandonnée, est en fait l’un des parcs de sculpture les plus intéressants au monde. Les 6 hectares du parc incluent une structure de 1500 m2 réservée aux expositions,qui comporte de nombreuses sculptures-installations contemporaines réalisées par l’artiste Antonio Paradiso, artiste local qui aujourd’hui vit et travaille à Milan. Depuis vingt ans, il  voyage à travers les déserts du Sahara et de l’Afrique tropicale pour étudier l’anthropologie et la paléoanthropologie, afin d’intégrer l’expérience scientifique à l’art anthropologique. En raison de son étonnante acoustique créée par le tuf, le parc est souvent utilisé pour des concerts inédits. En outre, des expositions de sculpteurs de renommée internationale y sont périodiquement organisées. Ainsi, on peut s'y recueillir devant l'oeuvre de métal fondu provenant des Twin Towers de NY, un projet artistique global né de la catastrophe du 11 septembre.


Rédigé par Patrick Edgard Rosa le Mercredi 11 Avril 2012 à 05:53 | Lu 438 fois