Dogon : la richesse du désert


Profitons de la tenue de cette exposition pour aller faire un tour sur ce plateau de Bandiagara qui recèle un habitat troglodytique des plus particuliers. C'est dans ces villages encastrés pour une grande part dans la falaise que s'est developpé la culture Dogon.


Entre le marteau et l’enclume

Dogon : la richesse du désert

Bandiagara est situé au centre du Mali et au nord du Burkina. Longue de 200kms, sur une superficie de 4000 hectares, la falaise torturée abrite quelque 289 villages. Le plateau aride s’étend quant à lui au nord de cette immense arête, soumise à de violentes intempéries. Les deux sculptés par l’érosion et façonnés par l’homme sont indissociables de la culture des peuples Dogon. 500 000 habitants résistent à un relief et un climat hostile et s’y sont remarquablement adaptés, tirant parti de la moindre anfractuosité de la roche. Ils érigent, cimentent, canalisent, maitrisent l’espace, après avoir chassé les Tollogs, les Tellems au 11ème siecle, après avoir résisté à plusieurs agressions, cavaliers Mossi, djihadistes peuls… Peuples de cultivateurs et de chasseurs, les Dogon se sont joués des obstacles naturels, inhabitables pour le commun des mortels et y ont implanté une culture dont la production s’est multipliée et a évolué au cours des siècles.


Le développement durable avant la lettre

Dogon : la richesse du désert

La moindre parcelle de terre étant précieuse, les Dogon se sont incrustés dans la falaise sur un modèle de base : un foyer à vivre, et des espaces réservés au travail ou au stockage des denrées et produits de la terre. Tout y est remarquablement calculé, relevant de la nécessité de vivre ensemble, face aux risques et aux dangers que représente l’extérieur. Habitat refuge, greniers, lieux de cultes et cimetières sont assimilés dans la falaise tandis que sont préservés tel ou tel espace présentant une forte biodiversité. (protection de certaines plantes, aux vertus médicinales, et d’animaux comme les crocodiles qui jouent un rôle prépondérant dans le maintien  des sources d’eaux souterraines.

« On se retrouve ici face à d’incroyables savoir-faire en matière d’aménagement du territoire et de construction. Le pays Dogon est une leçon, à la fois d’urbanisme et d’architecture et, au-delà, de développement durable. »

 

Le quai d’Orsay l’a dit, sur son site internet dans les conseils prodigués aux voyageurs :
« Evitez de vous rendre là-bas, à cause de la présence des djihadistes (AKMI) pro feu Ben Laden. Faites ce que vous voulez, mais ne ratez pas l’expo.



Rédigé par Patrick Edgard Rosa le Mercredi 18 Mai 2011 à 08:30 | Lu 426 fois