Destination “Agartha”. Interprétations


Continuons donc notre périple dans les entrailles de la terre, à la découverte du royaume légendaire de l’Agharta qui a fortement imprégné la théorie de la terre creuse dans les années 1950. Il a été adopté par des mouvements New Age. Agartha est en général présenté comme un monde idéal dépositaire de connaissances ou de pouvoirs susceptibles de sauver l’humanité.


Édition allemande de 1922 de Vril, The Power of the Coming
Édition allemande de 1922 de Vril, The Power of the Coming

Les thèmes associés

Le mythe d’Agartha a absorbé d’autres thèmes ou croyances liés au monde souterrain. Ainsi, le Vril, inventé par Butwen Lytton dans son roman The Coming Race (1871), force psychokinétique possédée par la race souterraine des Vril-ya. Le thème fut développé par Louis Jacolliot, auteur navigant entre la fiction, l’utopie politique et la description fantaisiste de la civilisation indienne, puis pris au sérieux par de nombreux lecteurs. Raymond Bernard fut le premier à relier le monde du Vril aux théories de la Terre creuse dans son livre The Hollow Earth (1969). Agartha est parfois décrit comme dépositaire du Vril.
Dans les années 1970, le mythe du monde souterrain connut une résurgence, centré cette fois sur l'Amérique du Sud. Bien que le nom d'Agartha ne soit pas mentionné, le lien fut fait par certains et aboutit à l'hypothèse d'entrées amazoniennes (Manaus, Mato Grosso) vers l'Agartha. En 1974, Erich Von Daniken publia "L’Or des dieux" dans lequel il prétendait avoir découvert au Vénézuela, avec l’aide d’un dénommé Juan Moricz, un système de galeries qui s’étendrait sous toute l’Amérique du Sud. En 1976, parurent "Les Chroniques d’Akakor" du journaliste allemand Karl Brugger. Il y révélait l’existence d’un lieu souterrain dans lequel vivrait une mystérieuse tribu amazonienne héritière d’une civilisation extraterrestre. Ils y auraient accueilli en 1942 deux mille soldats allemands arrivés en sous-marin. Son informateur Tatunca Nara, prétendu chef de la tribu, s’avéra plus tard être un aventurier allemand, Günther Hauck.

Maxfield Parrish
Maxfield Parrish

La symbolique

Il y a une part de rêve, de contes, de mythes. Les entrées de galeries cachées qui ne restent "ouvertes" qu'un temps se retrouvent dans les contes de fées avec des entrées de grottes aux trésors ne s'ouvrant qu'à certaines époques ou en certaines circonstances (la caverne d Ali Babapar exemple, avec son « Sésame, ouvre-toi ! »).
La symbolique des grottes, cavernes, antres et souterrains : dans l'antre peuvent habiter des dieux et des monstres, dans la caverne se trouve plutôt une réserve d'énergie terrestre, parfois symbolisée par le trésor (ex.:le trésor d'Ali Baba mentionné plus haut). La caverne est la concentration de forces magiques, comme par exemple les "étoiles d'en bas". La caverne est une matrice, comme la mine est le creuset de l'Alchimiste. Elle peut abriter les nains, et autres gardiens des trésors cachés. Entrer dans la caverne, c'est faire retour à l'Origine, et de là, monter au ciel, sortir du cosmos :  c'est pourquoi Lao Tseu y serait né. Le Jesus traditionnel, celui des crèches populaires (fort différent du Jésus des Évangiles), serait né dans une grotte, à l'instar par exemple du dieu Mythra. Sa naissance dans une grotte est rapportée dans le Protévangile de Jacques.  Enfin, pour terminer, mais comme un gouffre sans fond il n'y a pas de fin, le gouffre symbolise l'exploration du moi intérieur; et plus particulièrement du moi primitif. (Voir par exemple le Dictionnaire des symboles, de Jean Chevalier et Alain Gheerbrant)
 

Les évocations artistiques

Prague
Prague
Elle touche, outre la littérature  (Umberto Eco,  Edgar Rice Burroughs, Henri Loevenbruck), de nombreux domaines comme le cinéma ( Voyage vers l’Agartha de Makoto Shinkai), la bande dessinée avec bon nombre d’ouvrages : le manga en 9 volumes de Takaharu Matsumoto, celui de Full metal alchemist, pour n’en citer que deux.
La musique n’échappe pas à son influence, avec l’existence d’un album de Miles Davis (Agartha), Un club de jazz à Prague : L'Agharta Club., un ensemble de musique contemporaine: Agartha, collectif de créateurs et d'artistes qui font référence au mythe d'Agartha et à l'œuvre de René Guenon, la pièce électroacoustique "les vaisseaux d'Agartha" composée pour l'ensemble, a obtenu le prix Sacem des jeunes compositeurs en 2007, ainsi que les Chants de l'Agartha de Guillaume Connesson pour violoncelle et piano.
 
Pour terminer cette évocation, je vous engage, pour le fun à vous engouffrer dans une entrée virtuelle : http://homme-et-espace.over-blog.com/article-decouverte-d-une-entree-menant-vers-l-agharta
 


Rédigé par Patrick Edgard Rosa le Samedi 2 Mars 2013 à 16:08 | Lu 299 fois