De la littérature souterraine: Platon et l'allégorie de la caverne (1)


Etes-vous prêt pour une petite leçon de philosophie? Si cela vous donne trop mal à la tête, mettez une compresse froide sur la tête ou référez-vous comme moi à "La Philosophie pour les Nuls", de Christian Gaudin. Le mythe, ou plus exactement l'allégorie de la caverne n'aura plus de secret pour vous et deviendra aussi lumineuse que le monde extérieur. Vous pourrez alors frimer dans les soirées en cave... Suivez le prof!


Petite leçon de philosophie platonicienne

De la littérature souterraine: Platon et l'allégorie de la caverne (1)
Platon (427 - 346 avant JC) a énoncé la théorie des Formes, ou des Idées, qui opposent le monde sensible ( celui de la caverne) et celui de la réalité (le monde extérieur). Dans le Livre VII de "La République", sous forme de dialogue comme la plupart de ses oeuvres, Platon met en scène des hommes enchaînés et immobilisés dans une demeure souterraine qui tournent le dos à l'entrée et ne voient que leurs ombres et celles projetées d'objets au loin derrière eux. L'allégorie de la caverne expose en termes imagés la capacité des hommes à accéder à la connaissance de la réalité, ainsi que la non moins difficile transmission de cette connaissance. Ca va, vous me suivez? Posons le décor:

"- Figure-toi des hommes dans une demeure souterraine en forme de caverne, dont l'entrée, ouverte à la lumière, s'étend sur toute la longueur de la façade ; ils sont là depuis leur enfance, les jambes et le cou pris dans les chaînes, en sorte qu'ils ne peuvent bouger de place, ni voir ailleurs que devant eux ; car les liens les empêchent de tourner la tête ; la lumière d'un feu allumé au loin sur une hauteur brille derrière eux ; entre le feu et les prisonniers il y a une route élevée ; le long de cette route figure-toi un petit mur, pareil aux cloisons que les montreurs de marionnettes dressent entre eux et le public et au-dessus desquelles ils font voir leurs prestiges.
- Je vois cela, dit-il.
- Figure-toi maintenant le long de ce petit mur des hommes portant des ustensiles de toute sorte, qui dépassent la hauteur du mur et des figures d'hommes et d'animaux en pierre, en bois, de toutes sortes de formes ; et naturellement parmi ces porteurs qui défilent, les uns parlent, les autres ne disent rien.
- Voilà, dit-il, un étrange tableau et d'étranges prisonniers.
- Ils nous ressemblent, répondis-je. Et d'abord penses-tu que dans cette situation ils aient vu d'eux-mêmes et de leurs voisins autre chose que les ombres projetées par le feu sur la partie de la caverne qui leur fait face?
- Peut-il en être autrement, dit-il, s'ils sont contraints toute leur vie de rester la tête immobile?
- Et des objets qui défilent, n'en est-il pas de même?
- Sans contredit.
- Dès lors, s'ils pouvaient s'entretenir entre eux, ne penses-tu pas qu'ils croiraient nommer les objets réels eux-mêmes, en nommant les ombres qu'ils verraient?
- Nécessairement.
- Et s'il y avait aussi un écho qui renvoyât les sons du fond de la caverne, toutes les fois qu'un des passants viendrait à parler, crois-tu qu'ils ne prendraient pas sa voix pour celle de l'ombre qui défilerait?
- Si, par Zeus, dit-il.



L'illusion du monde sensible

De la littérature souterraine: Platon et l'allégorie de la caverne (1)
Bon, que cherche donc à démontrer notre sage observateur du monde souterrain?  Les hommes enchaînés dans la caverne symbolisent les hommes prisonniers de l'opinion qui n'est qu"une apparence d'idée. De même les images et les ombres de la caverne symbolisent les apparences trompeuses du monde sensible. Si la caverne symbolise ce monde sensible, le monde extérieur, lui, symbolise le monde intelligible. C'est ce que découvre un prisonnier qui a réussi à s'échapper de la caverne...
Fin du premier épisode



Rédigé par Renée Frank le Jeudi 13 Décembre 2012 à 07:40 | Lu 306 fois