De la littérature souterraine : Bilbo le Hobbit, J.R.R. Tolkien (3/3)

Hobbits and co...


Nous vous avions laissé en compagnie de Bilbo et des nains échappés de l’antre des Gremlins (articles 2044 et 2047). D’autres aventures terribles et rencontres dangereuses les attendent jusqu’à ce qu’ils atteignent la Montage Sacrée où le dragon Smaug veille sur son trésor. Bilbo découvre le moyen d’ouvrir la porte secrète de la Montagne au clair de lune ….


La porte enchantée

Tous alors poussèrent ensemble, et lentement un pan de rocher céda. De longues fentes droites apparurent, qui allèrent en s’élargissant. Une porte de cinq pieds de haut et de trois pieds de large se dessina ; et lentement, sans aucun bruit, elle s’ouvrit vers l’intérieur. On eût dit que l’obscurité s’échappait comme une vapeur du trou dans le flanc de la montagne, et d’épaisses ténèbres, dans lesquelles plus rien n’était discernable, s’étendirent devant leurs yeux : une bouche s’ouvrait béante, menant vers les profondeurs.[…]
Les étoiles sortaient derrière lui dans un ciel pâle, barré de noir, quand le hobbit se glissa dans la porte enchantée et pénétra en catimini dans la Montagne. La chose fut beaucoup plus aisée qu’il ne s’y attendait. Il ne trouvait pas là une entrée de gobelins ou une grossière caverne d’Elfes de la Forêt. C’était un passage creusé par les nains à l’apogée e leur richesse et de leur art : droit comme une règle, au sol lisse et aux parois douces, il descendait directement par une pente toujours égale vers quelque but éloigné dans les ténèbres d’en-bas.
 
Au bout d’un moment, Bälin souhaita « Bonne chance ! » à Bilbo et s’arrêta là où il pouvait encore voir le faible contour de la porte et, par un jeu des échos dans le tunnel, entendre le bruissement des voix des autres qui chuchotaient juste au-dehors. Le hobbit passa alors l’anneau à son doigt et, averti par les échos d’avoir à prendre le maximum de précautions pour ne faire aucune bruit, il descendit, descendit, descendit silencieusement dans le noir. Il tremblait de peur, mais son petit visage était rigide et sévère. C’était déjà un hobbit très différent de celui qui était parti en courant, oubliant son mouchoir, de Bag-End, voilà bien longtemps. Il y avait des siècles qu’il n’avait plus de mouchoir. Il dégagea son poignard de son fourreau, serra sa ceinture et poursuivit son chemin.
 

Le rougeoiment de Smaug

"Le courageux Bilbo poursuit son chemin vers l’antre du monstre :
« Est-ce une sorte de lueur rouge qu’il me semble voir approcher juste devant loi, là-bas ? » pensa-t-il.
C’en était une. Elle augmenta au fur et à mesure qu’il avançait, et il n’y eut bientôt plus aucun doute à ce sujet. C’était une lumière rouge dont l’intensité augmentait régulièrement. Et il faisait indubitablement chaud à présent dans le tunnel. Des trainées de vapeur flottaient dans l’air, et il se mit à transpirer. Un son commença aussi à vrombir à ses oreilles, une sorte de bouillonnement semblable au bruit d’une grande marmite sur le feu, mêlé d’un grondement qui faisait penser au ronronnement de quelque gigantesque matou. En croissant, ce son révéla l’indubitable gargouillement d’un énorme animal, ronflant dans son sommeil, là en bas au milieu de la lueur rouge que le hobbit avait devant lui.
A ce point, Bilbo s’arrêta. Poursuivre son chemin fut l’acte le plus courageux qu’il devait jamais oser. Les événements formidables qui se produisirent ensuite n’étaient rien en comparaison. Il mena le vrai combat seul dans le tunnel, avant d’avoir vu le vaste danger qui l’attendait. Quoi qu’il en soit, après une courte halte, il reprit sa progression ; et vous pouvez vous le représenter arrivant à l’extrémité du tunnel, c’est-à-dire à une ouverture de la même dimension et de la même forme que la porte d’en haut. La petite tête de hobbit jette un regard furtif au travers. Devant lui s’étend la grande cave la plus profonde, le cul-de-basse-fosse des anciens nains, au coeur même de la Montagne. Il y règne une obscurité presque totale, de sorte que l’on n’en peut deviner que de façon imprécise toute l’étendue, mais une grande lueur s’élève de la partie la plus proche du sol rocheux. Le rougeoiement de Smaug !
 

Un chef-d'oeuvre inépuisable

Bon, on ne va pas tout vous révéler des dernières épreuves que le Hobbit devra affronter muni de son anneau magique qui le rend invisible.
Ce chef-d’œuvre de la littérature anglaise, publié en 1937, séduira des générations de passionnés de littérature fantastique. Il sera suivi par "Le Seigneur des anneaux", inspirateur inépuisable de jeux de rôles et de codes esthétiques proches de ceux  des Chevaliers de la Table ronde. Leur adaptation cinématographique très réussie continue de  nourrir l’imaginaire des jeunes et des moins jeunes.
 
J.R.R. Tolkien
Le Livre de Poche
 
 L.T.
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Rédigé par Renée Frank le Lundi 14 Mars 2016 à 06:11 | Lu 157 fois